
Ouagadougou – Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a vivement interpellé l’Union africaine (UA) sur son rôle face aux crises qui secouent le continent, notamment dans la région du Sahel. Lors d’une audience accordée au président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, le chef du gouvernement a estimé que l’organisation panafricaine devait rompre avec ce qu’il considère comme une posture insuffisamment engagée en faveur de la souveraineté des États africains.
Cette rencontre, tenue le 16 juillet à Ouagadougou, s’inscrivait dans le cadre de la première visite officielle de Mahmoud Ali Youssouf au Burkina Faso depuis son entrée en fonction à la tête de la Commission de l’UA. Si les échanges portaient officiellement sur le renforcement de la coopération entre le Burkina Faso et l’organisation continentale, ils ont également donné lieu à un discours particulièrement critique du Premier ministre burkinabè.
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« Il faut avoir le courage de nommer les choses »
Face au président de la Commission de l’UA, Jean Emmanuel Ouédraogo a estimé que l’organisation continentale devait revoir son approche des crises sécuritaires qui frappent le Sahel.
« L’Union africaine est-elle véritablement une union ? Est-elle véritablement africaine ? », a-t-il lancé, avant d’ajouter que les violences qui touchent plusieurs pays sahéliens ne devraient pas être analysées uniquement sous l’angle du terrorisme.
Selon lui, « ce n’est pas du terrorisme qui sévit au Sahel. C’est une guerre de recolonisation », appelant l’Union africaine à « porter, dès maintenant, le combat de la souveraineté de l’Afrique conformément à la vision des pères fondateurs ».
Le Premier ministre a également dénoncé ce qu’il qualifie de « guerre informationnelle » visant le Burkina Faso et les autres États de la Confédération des États du Sahel (AES), estimant que certains récits internationaux contribuent à déformer la réalité vécue par ces pays. Ces propos ont notamment été rapportés par plusieurs médias burkinabè, dont Burkina24, ainsi que par l’Agence de presse africaine (APA).
Au-delà de ses critiques, le chef du gouvernement burkinabè a plaidé pour une profonde refondation de l’organisation panafricaine. Il estime que l’UA devrait disposer d’une plus grande autonomie politique et financière afin de défendre les intérêts stratégiques du continent sans dépendances extérieures.
Cette position s’inscrit dans la ligne diplomatique adoptée par les autorités de transition burkinabè, qui mettent régulièrement en avant les notions de souveraineté nationale, d’autonomie stratégique et de développement endogène.
Plusieurs comptes rendus de la rencontre indiquent que Jean Emmanuel Ouédraogo souhaite voir l’Union africaine passer d’un rôle essentiellement déclaratif à une institution davantage impliquée dans les réponses concrètes aux défis sécuritaires, économiques et politiques auxquels sont confrontés les États africains.
De son côté, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a réaffirmé la solidarité de l’organisation envers le Burkina Faso. Selon le compte rendu officiel publié par l’Union africaine, il a salué les efforts entrepris par le pays en faveur de la paix, de la stabilité et du développement, tout en réitérant l’engagement de la Commission à accompagner les autorités burkinabè dans leurs priorités nationales.
Le responsable de l’UA a également insisté sur l’importance de renforcer la coopération régionale pour faire face aux défis sécuritaires et promouvoir une paix durable dans le Sahel. Le communiqué officiel ne reprend toutefois pas les déclarations critiques formulées par le Premier ministre à l’encontre de l’organisation continentale.
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Les déclarations de Jean Emmanuel Ouédraogo interviennent dans un contexte où les relations entre plusieurs pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et certaines institutions régionales connaissent de profondes mutations. Depuis plusieurs mois, les autorités du Burkina Faso, du Mali et du Niger plaident pour une redéfinition des mécanismes de coopération africaine autour des principes de souveraineté et d’indépendance stratégique.
Les propos du Premier ministre burkinabè relancent ainsi le débat sur le rôle que devrait jouer l’Union africaine face aux crises sécuritaires, aux ingérences étrangères et aux aspirations croissantes de plusieurs États à renforcer leur autonomie politique.
Rédaction DUNIA NEW’S.















