
Au Sud-Kivu, la rivière Ulindi continue de faire des victimes. Depuis trois mois, plus de cinquante personnes ont perdu la vie dans une succession de naufrages sur cette voie de communication essentielle pour les habitants du territoire de Shabunda.
Privées d’un réseau routier praticable, plusieurs localités de Shabunda dépendent presque exclusivement du transport fluvial. Les accidents se succèdent pourtant sans qu’une réponse durable ne soit apportée. Les autorités locales, les élus et la société civile réclament des mesures pour mettre un terme à cette série noire.
Les chiffres donnent la mesure de la situation. Plus de cinquante personnes ont trouvé la mort en trois mois dans différents naufrages sur la rivière Ulindi. Des passagers sont toujours portés disparus et de nombreuses familles ont perdu leurs marchandises, souvent leur unique source de revenus.
À Shabunda, la rivière est bien plus qu’un cours d’eau. Elle permet d’acheminer les produits agricoles, de relier les villages et d’accéder aux centres de santé ou aux marchés. Chaque jour, des pirogues transportent des dizaines de voyageurs malgré des conditions de navigation particulièrement difficiles.
Les causes de ces accidents sont connues des populations. Les embarcations sont souvent surchargées, dépourvues de gilets de sauvetage et naviguent sans véritable contrôle. Beaucoup sont construites de façon artisanale et continuent d’être utilisées malgré leur mauvais état. Les intempéries et les courants de l’Ulindi aggravent encore les risques.
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Les élus du territoire demandent au gouvernement d’ouvrir des enquêtes sur chacun des naufrages enregistrés cette année. Ils souhaitent également un renforcement des contrôles avant le départ des embarcations, la mise à disposition d’équipements de sécurité et une présence plus régulière des services chargés de la navigation.
Ces drames ne sont pas propres à la rivière Ulindi. En République démocratique du Congo, les accidents fluviaux font chaque année des centaines de victimes. Le manque d’infrastructures routières oblige une grande partie de la population à emprunter les voies navigables, souvent dans des conditions précaires.
Pour les habitants de Shabunda, la question dépasse désormais le simple transport. Ils demandent que chaque départ sur la rivière ne soit plus un pari sur la vie.
Celine Dou















