Une affaire dramatique provoque une vague d’indignation au Cameroun. Mélissa Essomba, une candidate au baccalauréat âgée de 22 ans et enceinte, est décédée après avoir été transportée en urgence à l’hôpital de district de Nkolndongo, à Yaoundé. Selon plusieurs témoignages relayés dans la presse locale et sur les réseaux sociaux, la jeune femme n’aurait pas reçu de prise en charge immédiate faute de paiement préalable d’une caution de 8 000 FCFA. Son bébé n’a pas non plus survécu.

L’information, largement relayée depuis mardi soir, suscite une profonde émotion dans l’opinion publique camerounaise et relance le débat sur les refus de soins dans certains établissements hospitaliers publics du pays.
Selon les premiers éléments rapportés par plusieurs médias camerounais, Mélissa Essomba composait au lycée de Nkolndongo lorsqu’elle aurait été victime d’un malaise durant les épreuves du baccalauréat.
La jeune femme, dont la grossesse était avancée selon plusieurs témoins, a ensuite été évacuée vers l’hôpital de district de Nkolndongo pour recevoir des soins d’urgence.
D’après les témoignages relayés dans la presse locale, le personnel hospitalier aurait exigé le paiement d’une caution de 8 000 FCFA avant toute prise en charge médicale.
« Elle a proposé son téléphone en garantie »
Plusieurs récits concordants indiquent que la candidate ne disposait que de 2 000 FCFA au moment de son admission à l’hôpital.
Selon ces témoignages, elle aurait tenté de convaincre le personnel soignant d’accepter cette somme provisoirement, proposant même de laisser son téléphone portable comme garantie en attendant de compléter le montant demandé.
Mais selon les mêmes sources, aucun soin immédiat ne lui aurait été administré tant que la totalité de la somme réclamée n’était pas versée.
Quelques heures plus tard, l’état de santé de la jeune femme se serait aggravé. Mélissa Essomba est finalement décédée, tout comme l’enfant qu’elle portait.
Le drame a rapidement provoqué une forte réaction sur les réseaux sociaux camerounais, où de nombreux internautes dénoncent un système hospitalier accusé de privilégier les paiements administratifs au détriment des urgences vitales.
Plusieurs publications rappellent que la législation camerounaise et les directives sanitaires interdisent en principe le refus de prise en charge des urgences médicales pour des raisons financières.
Des voix s’élèvent également pour demander l’ouverture d’une enquête afin d’établir précisément les responsabilités dans cette affaire.
Pour l’heure, ni le ministère camerounais de la Santé publique ni la direction de l’hôpital de district de Nkolndongo n’avaient encore publié de communiqué détaillé au moment des premières diffusions de l’information.
Ce drame ravive un débat ancien au Cameroun autour des refus de soins liés aux cautions financières exigées dans certains établissements publics.
Au fil des années, plusieurs affaires similaires ont provoqué l’indignation dans le pays. Des organisations de défense des droits humains et des acteurs de la société civile dénoncent régulièrement les difficultés d’accès aux soins d’urgence ;le manque de moyens des structures hospitalières ;les paiements préalables imposés aux patients ;ainsi que la précarité du système de santé public.
Dans plusieurs régions du pays, des patients ou leurs proches affirment être confrontés à des demandes de caution avant même le début des traitements médicaux, malgré les textes encadrant les urgences vitales.
Au lycée de Nkolndongo, où la jeune femme passait les épreuves du baccalauréat, plusieurs élèves et enseignants se disent profondément bouleversés.
Selon des médias locaux, Mélissa Essomba espérait obtenir son diplôme malgré sa grossesse et poursuivre ses études. Son décès brutal, à quelques jours de la fin des examens, a provoqué une vive émotion parmi ses camarades et dans sa famille.
Alors que l’émotion continue de grandir au Cameroun, de nombreux internautes et observateurs attendent désormais des explications officielles sur les circonstances exactes de cette tragédie qui secoue l’opinion publique.
Rédaction DUNIA NEW’S.















