Côte d’Ivoire : la démocratie à l’épreuve de la confiance
Votre Pub ici !

Ce samedi 25 octobre 2025, plus de huit millions d’Ivoiriens se rendent aux urnes pour élire leur prochain président. Mais derrière l’affluence des bureaux de vote et les discours de transparence, une question traverse le pays : les citoyens croient-ils encore à la force du vote dans une démocratie plusieurs fois ébranlée ?
Le souvenir des blessures passées
Abidjan, Bouaké, Daloa, Korhogo… Dans les rues, l’atmosphère est à la fois calme et fébrile. Les affiches électorales se sont superposées sur les murs, les partisans se sont tus du moins en apparence. Car dans les esprits, le spectre des crises électorales passées n’est jamais loin.
Depuis deux décennies, la Côte d’Ivoire a payé cher chaque transition politique : contestations, violences, exils, divisions. Et à chaque élection, l’espoir renaît, vite mêlé à la crainte d’une histoire qui bégaie.
À lire aussi : Irlande : les urnes se ferment, le pays retient son souffle avant les résultats présidentiels
« Nous votons, mais au fond, beaucoup doutent que leur choix soit respecté », confie Amoin, commerçante à Yopougon. Une phrase simple, mais lourde d’un désenchantement collectif.
Une participation forte, entre devoir et scepticisme
Dès 8 heures, les files d’attente se sont formées devant les bureaux de vote. Les électeurs, parfois venus de loin, patientent sous le soleil. Le geste du vote garde sa solennité. Mais au-delà du rituel civique, plane une interrogation : le vote est-il encore porteur de changement réel ?
Le président sortant Alassane Ouattara, en lice pour un quatrième mandat, affronte quatre challengers Jean-Louis Billon, Simone Ehivet Gbagbo, Ahoua Don Mello et Henriette Lagou.
Pour beaucoup d’Ivoiriens, cette configuration traduit une scène politique figée, dominée par des figures familières, loin des aspirations de la jeunesse. Cette génération née après 2000, connectée, éduquée, mais souvent désabusée, réclame un autre souffle démocratique.
Une démocratie sous surveillance
À lire aussi : Inondations : quand l’eau révèle nos manquements
Pour la première fois depuis 2010, le scrutin fait l’objet d’une observation civique renforcée.
Environ 1 000 observateurs ivoiriens, appuyés par la CEDEAO, l’Union africaine et plusieurs ONG, sillonnent le pays.
Leur présence se veut rassurante. Mais là encore, la confiance reste fragile : « Ce ne sont pas les observateurs qui font la paix, c’est la justice électorale », commente un enseignant à Bouaké.
Les institutions, souvent perçues comme inféodées au pouvoir, peinent à convaincre qu’elles sont capables de garantir un scrutin équitable. Dans cette atmosphère, chaque parole officielle est scrutée, chaque rumeur amplifiée.
La maturité d’un peuple
Pourtant, malgré tout, le peuple ivoirien continue de croire à la paix.
Les appels au calme, venus de la société civile et des leaders religieux, trouvent un écho réel. Beaucoup préfèrent tourner la page des rancunes et saisir le vote comme un acte de responsabilité, pas de revanche.
Dans les quartiers populaires comme dans les villes du nord, la même aspiration se fait entendre : vivre enfin une alternance apaisée.
Car au-delà des partis et des candidats, ce scrutin cristallise une épreuve morale : celle de la confiance en soi, en son pays, en sa capacité à décider sans détruire.
Entre passé et avenir
La Côte d’Ivoire se trouve aujourd’hui à un carrefour délicat :
- soit elle confirme la maturité démocratique amorcée depuis dix ans,
- soit elle replonge dans la suspicion et la fracture.
Les bulletins glissés ce 25 octobre 2025 ne pèseront donc pas seulement dans les urnes. Ils pèseront aussi dans la mémoire collective d’un peuple qui cherche encore à croire que le vote peut être un acte de foi, pas de fatalité.
À lire aussi : Côte d’Ivoire : un scrutin décisif pour départager Ouattara et quatre challengers
Celine Dou
📢 Pour toute publication, dénonciation ou témoignage, contactez Dunia News à :
📩 info@dunia-news.com ou via WhatsApp au +19516189300
📰 Dunia News – La voix de ceux qu’on n’entend pas.













