
Le Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou a examiné, le 2 juin 2026, une affaire mettant en cause un maçon de 30 ans poursuivi initialement pour viol sur une femme souffrant de troubles mentaux. Au terme des débats, le ministère public a demandé une requalification des faits en attentat à la pudeur.
Selon les éléments présentés à l’audience, les faits remontent à la nuit du 14 au 15 mai 2026 dans la ville de Dédougou. Le prévenu, maçon et père de quatre enfants, aurait entretenu des rapports sexuels avec une femme connue dans son quartier pour souffrir de troubles mentaux.
D’après les explications fournies devant la Chambre correctionnelle, l’homme serait rentré à son domicile après avoir consommé de l’alcool. Il attendait alors une travailleuse du sexe avec laquelle il avait convenu d’un rendez-vous. Cette dernière ne s’étant finalement pas présentée, il serait resté seul dans sa cour où il avait installé son matelas pour la nuit.
C’est dans ces circonstances qu’il aurait croisé la victime, venue selon les déclarations recueillies à l’audience s’abreuver à un puits situé dans la concession. Le prévenu aurait alors eu un premier rapport sexuel avec elle.
Selon le récit des faits, la situation a pris une autre tournure lorsque l’homme aurait tenté d’avoir un second rapport sexuel avec la femme. Celle-ci aurait alors manifesté son refus de manière bruyante, attirant l’attention de personnes se trouvant à proximité.
Alertées par les passants, les forces de l’ordre se sont rendues sur les lieux et ont procédé à l’interpellation du suspect.
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Le procureur du Faso a indiqué au tribunal que l’état de la victime n’avait pas permis aux enquêteurs de recueillir sa version des faits ni même de confirmer son identité lors des premières investigations.
À la barre, le mis en cause a d’abord contesté les accusations avant de finalement reconnaître avoir entretenu des rapports sexuels avec la victime.
Il a expliqué avoir agi sous l’effet de l’alcool. Il a également déclaré connaître la femme, affirmant qu’elle souffrait effectivement de troubles mentaux et qu’elle était autrefois vendeuse de légumes dans la localité.
Pour le ministère public, cette circonstance aggrave la responsabilité du prévenu. Le procureur a estimé qu’il ne pouvait ignorer la vulnérabilité de la victime au moment des faits.
« Même en l’absence de violence physique démontrée, la question du consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux se pose avec acuité », a soutenu le représentant du parquet au cours des débats.
Toutefois, en l’absence de témoignages directs et faute d’avoir pu entendre la victime au cours de la procédure, le ministère public a estimé que les éléments constitutifs du viol n’étaient pas suffisamment établis.
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Le procureur a ainsi requis une requalification des faits en attentat à la pudeur. Il a demandé au tribunal de condamner le prévenu à une peine de douze mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’à une amende de 500 000 francs CFA, dont 250 000 francs CFA fermes.
Après avoir entendu les différentes parties, le tribunal a mis son jugement en délibéré. La décision est attendue le 9 juin 2026.
Cette affaire relance le débat sur la protection des personnes souffrant de troubles mentaux, particulièrement exposées aux risques d’abus en raison de leur vulnérabilité et de leur difficulté à faire valoir leurs droits devant la justice.
Rédaction DUNIA NEW’S.















