Dot au Bénin : La vérité derrière la rumeur des 300 000 F et des femmes “seconde main”

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Dot au Bénin : La vérité derrière la rumeur des 300 000 F et des femmes “seconde main”

Par Dunia News – Cotonou, Bénin

Depuis quelques jours, une information largement relayée sur les réseaux sociaux affirme que la dot au Bénin aurait été officiellement plafonnée à 300 000 F CFA pour une première union et à 80 000 F CFA pour une femme « remariée » — qualifiée par certains internautes de manière choquante comme étant une « femme seconde main ». Mais qu’en est-il réellement ?

Une rumeur déformée… issue d’un débat parlementaire

À ce jour, aucune loi en vigueur au Bénin ne fixe officiellement ces montants. Cette rumeur prend sa source dans une proposition faite en 2019 par le député béninois Nazaire Sado, qui avait suggéré de plafonner la dot à 300 000 F CFA pour freiner l’augmentation excessive des coûts liés aux mariages traditionnels.

Dans un article publié par Franceinfo Afrique, le député affirmait :

« Certaines familles exigent jusqu’à un million, c’est trop. Nous devons réguler. »
Mais il n’a jamais été question d’un montant différencié pour les femmes remariées, encore moins de les qualifier de « deuxième main », un terme humiliant et sexiste qui a depuis enflammé la toile.

Une pratique culturelle… mais non codifiée par la loi

Au Bénin, la dot reste une pratique culturelle profondément ancrée, dont les modalités varient selon les ethnies, les régions et les familles. Elle n’est ni imposée ni uniformisée par une législation nationale. Ainsi, aucun texte de loi ne détermine le montant minimal ou maximal d’une dot.

Le débat sur la régulation de la dot, bien que non nouveau, continue de faire l’objet de controverses sociales, religieuses et politiques. Certains y voient un héritage culturel valorisant l’union entre deux familles. D’autres dénoncent une dérive marchande et patriarcale qui transforme le mariage en transaction commerciale, voire en forme d’appropriation de la femme.

Une affaire de dignité… et de modernité

Ce que révèle surtout cette affaire, c’est le fossé grandissant entre traditions et modernité, entre respect des coutumes et revendication d’égalité. L’utilisation du terme « femme de seconde main » a été largement condamnée, rappelant l’urgence de revoir le discours autour du mariage, du divorce, du remariage — et surtout, du respect dû à toutes les femmes, quel que soit leur parcours.

Plusieurs organisations féministes béninoises, ainsi que des voix de la société civile, ont appelé à un débat national apaisé et inclusif sur la question de la dot, afin d’encadrer les excès sans dévaloriser la dignité humaine.

En conclusion…

L’information affirmant que la dot est légalement fixée à 300 000 F CFA pour une première épouse et à 80 000 F CFA pour une femme remariée est fausse. Mais elle soulève une réflexion légitime sur la régulation des pratiques matrimoniales et les dérives sociales qui y sont associées.

Dunia News suivra l’évolution de ce débat, entre respect des traditions et exigence d’égalité.

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