Enfants de la rue, enfants perdus
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Dans les rues du Sénégal, des enfants errent, invisibles et vulnérables. Écoliers, talibés, fugueurs, mendiants, petits délinquants… Tous se côtoient dans ce même chaos. Leurs origines sont diverses : pauvres ou issus de familles aisées, citadins ou ruraux, nationaux ou étrangers. Mais tous partagent un même destin : la rue, un lieu où le danger est roi.
Ces enfants ne sont pas seulement livrés à eux-mêmes. Ils sont exploités. Réseaux clandestins, filières de traite, trafic d’organes, prostitution infantile, esclavage domestique… Le business autour de leur vulnérabilité est lucratif. Les enfants deviennent gardiens de troupeaux, domestiques, esclaves, objets d’un marché impitoyable qui dépasse les frontières.
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Mais le mal commence souvent à la maison. Beaucoup de parents et grands-parents démissionnent de leur rôle. Les enfants sont confiés aux internats, aux daras, aux marchés, aux gares routières… sous prétexte de « protection divine ». Résultat : malnutrition, absence de soins, manque d’éducation, et surtout un vide affectif immense.
Ce vide attire les prédateurs. Les pédophiles et proxénètes, souvent déguisés en « tonton » ou « mame », trouvent un terrain fertile pour assouvir leurs fantasmes. Les maladies sexuellement transmissibles se répandent. La santé publique est menacée. La rue devient un foyer de contamination où personne n’est à l’abri.
La société elle-même ferme les yeux. Des lobbies politico-financiers et religieux défendent ces filières pour protéger leurs intérêts. Fatwas et pressions paralysent les défenseurs des droits de l’enfant. Et pendant ce temps, les abus se multiplient : libertinage infantile, viols, exploitation sexuelle, drogues… Les images d’enfants mendiants ou prostitués sont devenues banales. Elles ne heurtent plus.
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La rue est un monstre qui broie l’enfance. Elle dénature l’enfant. Sa sociabilisation et sa formation, essentielles à tout développement humain, sont compromises. Sans suivi médical, la propagation de maladies comme la tuberculose ou le VIH est réelle.
Au plan sécuritaire, la menace est tangible. Dans un contexte régional marqué par la montée du jihadisme et de l’extrémisme religieux, des enfants non accompagnés peuvent devenir des proies faciles pour des réseaux terroristes ou criminels. La porosité des frontières aggrave le risque.
Alors, que faire ? L’État ne peut être partout. La protection commence dans la famille. Parents et grands-parents doivent assumer leur rôle. L’enfant doit trouver sa place dans l’école, dans les centres de formation, dans le cadre familial. Une surveillance constante reste nécessaire, même dans ces milieux.
Mais il ne s’agit pas seulement de sécurité. Il s’agit de valeurs. Le Sénégal des valeurs positives passe par des enfants disciplinés, éduqués, capables de rivaliser avec le monde. Enracinés dans leur culture, leur foi et leur histoire — Touba, Tivaouane, Madina Baye, l’école sénégalaise — ils doivent devenir des citoyens responsables, conscients de leurs droits et devoirs.
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La route est longue. Mais la lutte contre l’exploitation des enfants est une responsabilité collective. Chaque Sénégalais, chaque institution, chaque famille doit agir. Car un enfant protégé, éduqué et aimé est la meilleure garantie de l’avenir du pays.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop













