États-Unis : une enquête internationale révèle l’ampleur des expulsions de migrants vers des pays tiers sous l’administration Trump

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États-Unis : une enquête internationale révèle l’ampleur des expulsions de migrants vers des pays tiers sous l’administration Trump

Une vaste enquête journalistique internationale met en lumière l’ampleur de la politique américaine d’expulsion de migrants vers des pays tiers depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025. Selon les conclusions du projet d’investigation baptisé The Deportation Project, plus de 25 000 migrants, demandeurs d’asile et réfugiés auraient été transférés vers des pays dont ils ne sont pas ressortissants, dans le cadre d’accords conclus entre Washington et plusieurs États partenaires.
Coordonnée par le consortium Forbidden Stories avec la participation de dizaines de journalistes issus de plusieurs pays, l’enquête affirme que l’administration américaine a conclu des accords avec au moins 35 États afin d’accueillir des migrants que les États-Unis ne pouvaient ou ne souhaitaient pas renvoyer directement dans leur pays d’origine.

Plus de 25 000 personnes concernées

Selon les données compilées par les enquêteurs, au moins 25 447 personnes avaient déjà été expulsées vers des pays tiers au 31 août 2026. La majorité aurait été envoyée au Mexique, tandis que d’autres ont été transférées vers des pays d’Afrique, d’Amérique latine ou du Pacifique.
L’enquête indique également que certains migrants ont été dirigés vers des pays avec lesquels ils n’avaient aucun lien familial, culturel ou linguistique préalable. Des cas impliquant des ressortissants d’Iran, d’Afghanistan, de Cuba, du Vietnam ou encore du Cameroun sont notamment cités.

Des inquiétudes pour certains demandeurs d’asile

Parmi les personnes concernées figureraient des migrants bénéficiant auparavant de protections contre une expulsion vers leur pays d’origine en raison de risques de persécution ou de mauvais traitements. Des organisations de défense des droits humains affirment que certaines de ces personnes ont été transférées vers des États où elles pourraient se retrouver dans une situation de grande vulnérabilité.
Des médias partenaires du projet évoquent notamment des cas de demandeurs d’asile LGBTQ+ envoyés dans des pays où leur orientation sexuelle ou leur identité de genre pourrait les exposer à des discriminations ou à des poursuites. Ces situations sont présentées par les ONG comme une source de préoccupation majeure.

Un programme financé à hauteur de 410 millions de dollars

Les documents examinés par les journalistes indiquent que l’administration américaine aurait autorisé ou prévu plus de 410 millions de dollars pour soutenir ce système de transferts. Une partie de ces fonds aurait été destinée directement aux pays d’accueil, tandis qu’une autre aurait transité par des organisations internationales chargées de la gestion migratoire et de l’assistance aux personnes déplacées.
Selon l’enquête, des organismes internationaux comme l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) auraient reçu des financements liés à certains programmes d’accompagnement, tout en précisant ne pas être parties prenantes aux accords bilatéraux conclus entre Washington et les États concernés.

Washington défend une politique conforme à la loi

Face aux critiques, l’administration américaine affirme que ces transferts sont réalisés dans le respect de la législation sur l’immigration et concernent principalement des personnes faisant l’objet d’une mesure d’éloignement. Des responsables américains soutiennent que les pays tiers retenus sont considérés comme sûrs et que les opérations sont menées conformément aux procédures en vigueur.
Toutefois, plusieurs organisations de défense des migrants contestent cette lecture et dénoncent ce qu’elles qualifient de « vide juridique » pour certaines personnes transférées dans des pays où elles ne disposent ni de statut clair ni de réseau de soutien.

Une politique au cœur du débat international

La publication de The Deportation Project relance le débat sur la gestion des flux migratoires, les obligations internationales en matière de protection des réfugiés et les limites des accords de réinstallation conclus entre États.
Alors que les expulsions vers des pays tiers se poursuivent, plusieurs recours judiciaires et critiques d’organisations humanitaires continuent d’alimenter la controverse autour de cette politique migratoire, devenue l’un des volets les plus discutés de l’administration Trump en matière d’immigration.

Par la rédaction de Dunia News

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