FESPACO : Un demi-siècle de passion pour l’image et la voix du cinéma africain
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Depuis sa naissance en 1969, le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, plus connu sous le nom de FESPACO, s’est imposé comme le cœur battant du cinéma africain. Biennale cinématographique majeure sur le continent, le festival est bien plus qu’un simple lieu de projection : il est devenu une plateforme incontournable pour la reconnaissance, l’expression et l’évolution du septième art africain.
Malgré les secousses de l’histoire – de l’épidémie d’Ebola en 2015 aux récentes crises sécuritaires au Sahel, en passant par la pandémie mondiale de Covid-19 – le FESPACO a su faire preuve de résilience, renouvelant à chaque édition son engagement à faire rayonner le cinéma africain dans toute sa richesse et sa complexité.
Une immersion racontée de l’intérieur
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Dans son ouvrage Par-delà les écrans, le journaliste sénégalais Aboubacar Demba Cissokho, plume aguerrie de l’Agence de presse sénégalaise (APS), livre un témoignage à la fois intime et analytique de son expérience du festival. L’œuvre prend la forme d’un carnet de bord et nous plonge dans les coulisses du FESPACO, qu’il a couvert pour la première fois en 2003 lors de sa 18e édition. Ce séjour s’avère un tournant majeur dans sa carrière, tant il est marqué par la ferveur créative, la rencontre d’icônes du cinéma africain et la découverte de nouvelles voix.
De figures mythiques comme Ousmane Sembène, Mahama Traoré ou encore Souleymane Cissé, aux jeunes cinéastes porteurs de regards neufs, Cissokho dépeint avec finesse le bouillonnement artistique et intellectuel du FESPACO. Son récit déborde d’émotion, de critiques lucides mais aussi d’une admiration profonde pour ce que représente ce festival dans le paysage culturel africain.
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Le miroir des enjeux sociétaux africains
L’ouvrage ne se limite pas à l’évocation festive du FESPACO. Il en explore aussi les zones d’ombre, les tensions parfois vives entre réalisateurs et jurys, les luttes d’influence autour de la prestigieuse récompense de l’Étalon de Yennenga. À travers ces moments de friction, Cissokho révèle la profondeur des débats qui animent le cinéma africain : quel récit raconter ? Pour qui ? Avec quels moyens et dans quel cadre politique ?
Par-delà les écrans met en lumière l’engagement des cinéastes à dénoncer les maux qui gangrènent le continent : l’excision, les violences domestiques, les extrémismes religieux. Le cinéma y est vu comme un miroir de luttes sociales, un outil de conscientisation, et un champ d’expression des identités africaines en mutation.
Un festival à la croisée des cultures
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Comparé à d’autres grands rendez-vous du continent comme les Journées cinématographiques de Carthage ou le Festival international du film de Marrakech, le FESPACO conserve sa singularité : celle d’être un festival populaire, où le cinéma rencontre les foules dans une atmosphère de fête, de palabres et de partage. Projections, débats, ateliers, expositions, concerts… les activités parallèles enrichissent l’expérience des festivaliers et confèrent au FESPACO une vitalité intellectuelle saluée par de nombreux critiques.
Le livre insiste sur cette dimension : un bon festival n’est pas seulement une vitrine, mais aussi un laboratoire. Et à ce titre, Ouagadougou, malgré les aléas géopolitiques récents, demeure un bastion culturel où s’écrivent les pages vivantes du cinéma africain.
Une ode au FESPACO, symbole d’espoir et de résistance
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Dans sa narration vibrante et sincère, Aboubacar Demba Cissokho rend hommage à la dimension humaine du FESPACO. Il évoque les rencontres, les échanges interculturels, les saveurs découvertes dans les rues de la capitale burkinabè, et surtout, le souffle d’un continent en quête de narration propre.
À l’heure où le cinéma africain gagne en reconnaissance internationale, ce témoignage vient rappeler l’importance de lieux tels que le FESPACO : à la fois mémoire vivante, tribune politique, incubateur de talents et espace d’éclosion pour une parole africaine libérée.
En résumé :
Par-delà les écrans n’est pas seulement un récit de festival, c’est une plongée dans l’âme du cinéma africain. À travers l’expérience de l’auteur, c’est toute une génération de cinéastes, de critiques et de passionnés qui trouve voix, image et mémoire.
Imam chroniqueur Babacar Diop













