
Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema veut revoir les destinations vers lesquelles l’État envoie ses étudiants boursiers. Dans son message à la nation, dimanche 16 août, à la veille du 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon, il a annoncé que les étudiants ne bénéficieraient plus de bourses dans certains pays où le coût des études a fortement augmenté et où les aides destinées aux étudiants ont diminué.
Le chef de l’État n’a pas cité les pays concernés. Mais cette annonce intervient après une première décision prise en 2025 : le Gabon avait annoncé la suspension, à partir de 2026, des nouvelles bourses pour les études aux États Unis d’Amérique, au Canada et en France.
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Brice Oligui Nguema souhaite désormais favoriser davantage les établissements gabonais et les universités africaines.
« L’Afrique ne doit pas être un choix par défaut. Elle est un espace de savoirs, d’innovations et d’avenir », a déclaré le président gabonais.
Une politique engagée depuis 2025
La réduction des bourses vers l’étranger n’est donc pas une mesure apparue avec le discours du 16 août.
En juillet 2025, lors d’une rencontre avec des Gabonais aux États Unis d’Amérique, Brice Oligui Nguema avait annoncé qu’il n’y aurait plus, à partir de 2026, de nouvelles bourses pour les États Unis d’Amérique et le Canada. Il avait expliqué cette décision par le coût des études dans ces pays. La France avait également été citée dans les annonces rapportées à l’époque.
Le président avait alors avancé une autre raison : certains étudiants financés par le Gabon ne rentreraient pas au pays après leurs études. Il avait donc défendu une orientation vers des pays africains, notamment le Sénégal, le Ghana et le Maroc.
Le discours prononcé cette année élargit cette orientation. Le président veut que le Gabon renforce ses propres établissements et que les étudiants considèrent davantage les universités du continent pour leurs études supérieures.
Des études jugées trop coûteuses
La question financière occupe une place importante dans cette politique.
Le Gabon prend en charge des étudiants dans plusieurs pays à travers l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG). Le coût de ces formations varie fortement selon les pays, les établissements et les filières.
Le gouvernement gabonais cherche donc à limiter les dépenses liées aux formations considérées comme trop coûteuses. Mais les difficultés financières du système des bourses ne concernent pas uniquement les étudiants partis à l’étranger.
En mars 2026, le président avait annoncé le lancement du paiement des bourses scolaires, universitaires et internationales à partir du 26 mars, après des difficultés dans le règlement de certaines allocations.
Le Gabon doit par ailleurs composer avec une situation financière tendue. En janvier 2026, Reuters rapportait que le pays faisait face à une pression croissante sur ses finances publiques et à des difficultés de liquidités. Fitch prévoyait alors une hausse de la dette publique gabonaise à 85,5 % du PIB en 2026.
Les étudiants africains davantage concernés
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Avec cette nouvelle orientation, Libreville veut donner davantage de place aux universités du continent.
Le Sénégal, le Ghana et le Maroc avaient déjà été cités parmi les destinations susceptibles d’accueillir davantage d’étudiants gabonais. Le Gabon dispose aussi de partenariats universitaires avec plusieurs pays africains.
Cette politique ne signifie toutefois pas que tous les étudiants gabonais actuellement à l’étranger perdent leur bourse. Les annonces de 2025 portaient sur les nouvelles attributions. La situation des étudiants déjà engagés dans leur cursus dépend des règles fixées par l’ANBG.
Le gouvernement veut également renforcer les établissements gabonais. Dans son message du 16 août, Oligui Nguema a appelé à « consolider nos établissements » et à rechercher des formations adaptées aux besoins du pays.
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Pour Libreville, l’objectif est donc de modifier progressivement la répartition des bourses : moins de financements pour certaines destinations étrangères jugées trop coûteuses, davantage de formations au Gabon et en Afrique.
Le président gabonais entend ainsi faire de la politique des bourses un moyen de mieux répondre aux besoins de formation du pays, tout en réduisant le poids financier des études à l’étranger.
Celine Dou















