Gambie : le ministre des Transports tire la sonnette d’alarme sur la crise de la sécurité routière
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DUNIA News | Mardi 14 octobre 2025 – Banjul
Le ministre gambien des Transports, Ebrima Sillah, a dressé ce mardi un constat alarmant sur la situation de la sécurité routière dans le pays. Selon lui, la Gambie enregistre entre 30 et 60 accidents chaque mois, dont un grand nombre sont mortels ou gravement handicapants.
S’exprimant lors d’une conférence de presse au siège du ministère à Banjul, le ministre a reconnu que la route est devenue l’un des principaux lieux de mortalité en Gambie, souvent plus meurtrière que certaines maladies infectieuses.
Une situation devenue préoccupante
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D’après les données compilées par la National Road Safety Authority (NRSA), les accidents se multiplient sur les grands axes reliant Serrekunda, Brikama, Farafenni et Basse, principalement à cause de la vitesse excessive, du non-respect du code de la route, de l’imprudence des conducteurs de moto-taxis, et de l’état dégradé de certaines voies rurales.
« Nous sommes face à une véritable crise. Chaque semaine, des familles sont brisées, des enfants deviennent orphelins et des citoyens perdent la vie pour des causes évitables », a déclaré le ministre Sillah avec gravité.
Il a également souligné que plus de 60 % des accidents enregistrés depuis janvier 2025 impliquent des véhicules utilitaires ou des motocyclettes, notamment dans les zones périurbaines où les contrôles de vitesse sont rares.
Des causes multiples : imprudence, fatigue et manque de régulation
Les autorités mettent en avant plusieurs facteurs responsables de cette recrudescence :
• Le manque de formation des conducteurs, notamment des chauffeurs de transport public ;
• Le mauvais entretien des véhicules, souvent vieux et non conformes aux normes mécaniques ;
• Le non-port du casque par les motocyclistes ;
• L’absence de signalisation lumineuse dans certaines zones rurales et périurbaines ;
• Et la conduite en état de fatigue ou d’ivresse.
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Le ministre a dénoncé la négligence croissante sur les routes, rappelant que la sécurité routière n’est pas qu’une question de police mais de responsabilité civique collective :
« Nous devons cesser de penser que la route appartient aux chauffeurs. Elle appartient à tous. Et quand la prudence disparaît, la vie humaine devient une statistique. »
Des mesures urgentes annoncées
Pour faire face à la crise, le ministère a annoncé une série de mesures immédiates et structurelles :
1. Installation de nouveaux ralentisseurs dans les zones accidentogènes de Serrekunda, Kanifing et Brikama ;
2. Renforcement de la signalisation routière, notamment aux carrefours et écoles ;
3. Campagne nationale de sensibilisation intitulée “Safe Roads for All” (Des routes sûres pour tous), en partenariat avec la police et les ONG locales ;
4. Formation obligatoire des conducteurs de véhicules commerciaux avant tout renouvellement de permis ;
5. Création d’une unité spéciale de contrôle routier chargée de surveiller la vitesse et l’état technique des véhicules sur les grands axes.
Selon le ministre, ces actions visent à réduire de 40 % les accidents d’ici fin 2026, un objectif ambitieux mais nécessaire, a-t-il affirmé, pour « sauver des vies et restaurer la confiance dans la route ».
Témoignages et réactions
Les chauffeurs de transport public, réunis au sein de la Gambia Drivers’ Union, ont salué les annonces du gouvernement tout en demandant un meilleur entretien des routes et une baisse du coût des pièces détachées, souvent à l’origine du mauvais état mécanique des véhicules.
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Un chauffeur de minibus rencontré à Brikama confie :
« Beaucoup d’entre nous veulent bien entretenir leurs voitures, mais tout coûte cher. Si l’État veut moins d’accidents, qu’il aide aussi les conducteurs à avoir de bons véhicules. »
De son côté, la police de la circulation a annoncé qu’elle intensifiera les contrôles dès cette semaine, notamment sur la route de Coastal Highway et celle reliant Brufut à Tanji, identifiées comme parmi les plus dangereuses du pays.
Vers une réforme durable de la mobilité
Ebrima Sillah a également évoqué la nécessité d’une réforme de la législation routière afin d’introduire des amendes plus dissuasives, des radars fixes, et un système de permis à points pour les conducteurs récidivistes.
« La sécurité routière doit être considérée comme une question de développement national. Chaque accident a un coût humain, social et économique. Nous devons agir maintenant, pas demain. »
Selon une étude récente du ministère de la Santé, les accidents de la route coûtent chaque année à la Gambie près de 2 % de son PIB, entre hospitalisations, pertes de productivité et destructions matérielles.
Un appel à la conscience nationale
Alors que la Gambie s’efforce de moderniser ses infrastructures et de promouvoir le tourisme, la montée des accidents sur les routes devient un frein au développement et à l’image du pays.
Le message du ministre Sillah résonne donc comme un appel à la vigilance collective :
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« Chacun de nous doit être un agent de sécurité routière. Protéger une vie, c’est protéger toute la nation. »
Rédaction DUNIA News Gambie — Banjul / Brikama / Serrekunda
Par Frédéric Herman Tossoukpe
Rédacteur en chef – DUNIA News













