
Une nouvelle ère s’ouvre pour la protection des océans. Ce samedi, les Nations Unies ont officiellement acté l’entrée en vigueur du traité international sur la biodiversité marine en haute mer, connu sous l’acronyme BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction). Juridiquement contraignant, cet accord historique vise à encadrer l’exploitation et la préservation des espaces maritimes situés au-delà des juridictions nationales, longtemps assimilés à une zone de non-droit.
Le traité concerne plus de deux tiers de la surface océanique mondiale, qui abrite près de 90 % des habitats marins de la planète. Son ambition est claire : instaurer une gestion durable des ressources marines, considérées comme un patrimoine commun de l’humanité, et atteindre l’objectif de protéger 30 % des mers et océans d’ici 2030. Selon l’agence Anadolu, cette avancée marque l’aboutissement de plusieurs années de négociations diplomatiques destinées à combler les lacunes de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer adoptée en 1994.
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L’entrée en vigueur du traité a été saluée par plusieurs dirigeants mondiaux. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a qualifié l’événement de « victoire majeure », affirmant que « le Far West maritime appartient désormais au passé », tout en rappelant la mobilisation de 83 pays autour de cet accord. Le président français Emmanuel Macron a, de son côté, souligné la portée universelle du texte : « C’est une victoire immense pour les océans, pour le vivant et pour l’humanité. La haute mer ne sera plus livrée aux prédations, elle devient un espace de responsabilité partagée. »
Sur le plan opérationnel, le traité BBNJ introduit une gouvernance plus inclusive, intégrant les enjeux liés au changement climatique, à la pollution marine et à la surexploitation des ressources. Il devient pleinement applicable après avoir franchi le seuil de 60 ratifications, désormais atteint. Plusieurs grandes puissances, dont la Chine, l’Allemagne, le Japon, la France et le Brésil, ont déjà intégré l’accord dans leur législation nationale.
Toutefois, certaines absences notables subsistent. Les États-Unis ont signé le traité sans encore le ratifier, tandis que la Russie reste en retrait, n’ayant ni signé ni ratifié le texte. Une première réunion des États parties est prévue dans le courant de l’année afin d’évaluer la mise en œuvre concrète des mesures prévues et d’assurer le suivi des engagements pris.
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Avec le traité BBNJ, la communauté internationale franchit ainsi une étape décisive vers une gouvernance plus équitable et responsable des océans, mettant fin à des décennies d’incertitudes juridiques sur la haute mer.
Imam chroniqueur
Babacar Diop














