
En pleine phase de négociations avec Washington, Mohammad Bagher Ghalibaf affiche une ligne de fermeté qui illustre la profonde méfiance de Téhéran envers les États-Unis.
Les négociations entre l’Iran et les États-Unis continuent, mais les déclarations venues de Téhéran montrent que la confiance est loin d’être rétablie. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, également considéré comme l’un des principaux acteurs des discussions avec Washington, a exposé vendredi une doctrine particulièrement offensive sur la manière dont son pays entend conduire les pourparlers.
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Dans un message publié sur le réseau social X, le responsable iranien a résumé la position de son pays en trois points : les concessions ne s’obtiennent pas par le dialogue mais par la puissance militaire, les garanties verbales ne valent rien sans actes concrets, et tout accord doit être envisagé en gardant à l’esprit la possibilité d’un futur conflit.
« Nous obtenons des concessions non par le dialogue, mais par les missiles ; lors des négociations, nous nous contentons de leur faire comprendre », a-t-il notamment déclaré.
La deuxième partie de son message reflète la défiance persistante de la République islamique à l’égard des États-Unis.
« Nous ne croyons ni aux garanties ni aux paroles. Seuls les actes comptent », a insisté Ghalibaf, ajoutant qu’aucune mesure iranienne ne serait prise avant une action concrète de la partie adverse.
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Cette position s’inscrit dans une longue tradition diplomatique iranienne fondée sur le principe de réciprocité. Depuis le retrait américain de l’accord sur le nucléaire en 2018, de nombreux responsables iraniens affirment que les promesses occidentales ne constituent plus une garantie suffisante pour engager de nouvelles concessions.
« Se préparer à la guerre dès le lendemain »
La troisième affirmation du président du Parlement iranien est probablement celle qui a le plus retenu l’attention des observateurs internationaux.
« Le vainqueur de tout accord est celui qui est le mieux préparé à la guerre dès le lendemain », a-t-il déclaré.
Cette formule traduit une vision stratégique largement répandue au sein des cercles conservateurs iraniens : la diplomatie n’est pas perçue comme une alternative à la puissance militaire, mais comme son prolongement.
Pour plusieurs analystes du Moyen-Orient, ces propos visent autant les négociateurs américains que l’opinion publique iranienne. Ils permettent au pouvoir de montrer qu’aucun compromis éventuel ne sera interprété comme un signe de faiblesse.
Ces déclarations interviennent alors que Washington et Téhéran poursuivent des discussions indirectes destinées à réduire les tensions et à trouver un terrain d’entente sur plusieurs dossiers sensibles, notamment les questions nucléaires, les sanctions économiques et la sécurité régionale.
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Malgré certains signaux d’ouverture évoqués ces derniers jours, les deux camps continuent d’afficher des positions très éloignées sur plusieurs points essentiels. Les autorités iraniennes rejettent notamment toute démarche qui pourrait être perçue comme une capitulation ou un abandon de leurs capacités stratégiques.
Au-delà de son contenu diplomatique, l’intervention de Mohammad Bagher Ghalibaf apparaît comme un message politique adressé à plusieurs audiences : aux États-Unis, aux alliés régionaux de l’Iran mais aussi aux courants les plus conservateurs de la République islamique.
En réaffirmant que la force militaire demeure, selon lui, le principal levier d’obtention de concessions, le président du Parlement iranien rappelle que Téhéran entend poursuivre les négociations sans renoncer à sa doctrine de dissuasion.
Une position qui illustre la difficulté des discussions en cours et laisse entrevoir des pourparlers encore longs et complexes entre les deux puissances.
Rédaction DUNIA NEW’S















