Togo : Un présumé trafiquant d’ivoire écroué après la saisie de deux défenses d’éléphant à Lomé.

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L’arrestation relance les inquiétudes sur le rôle du Togo dans les réseaux de trafic d’espèces protégées en Afrique de l’Ouest.

Les autorités togolaises ont procédé à l’interpellation d’un présumé trafiquant d’ivoire dans un quartier périphérique de Lomé. L’homme, identifié sous les initiales B. Moyabid, a été arrêté le 16 mai 2026 alors qu’il transportait deux défenses d’éléphant destinées à la vente illégale.

Selon les informations communiquées par les services impliqués dans l’opération, le suspect a été placé sous mandat de dépôt à la prison civile de Lomé le 20 mai, après avoir été présenté devant le procureur de la République.

Cette arrestation est le fruit d’une opération conjointe menée par l’Office central de répression du trafic illicite des drogues et du blanchiment (OCRTIDB), le ministère de l’Environnement et l’organisation spécialisée dans la lutte contre la criminalité environnementale EAGLE-Togo.

D’après les enquêteurs, le suspect transportait les deux défenses d’éléphant à moto. Les trophées étaient soigneusement emballés dans un sac à céréales afin d’échapper aux contrôles.

Les forces de l’ordre l’ont cependant interpellé en flagrant délit de détention, de transport et de commercialisation illégale de produits issus d’espèces protégées.

Au cours de la procédure judiciaire, le mis en cause aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés, selon les informations fournies par les autorités.

S’il est reconnu coupable par la justice togolaise, il risque une peine d’emprisonnement allant d’un à cinq ans ainsi qu’une amende comprise entre un et cinquante millions de francs CFA, conformément aux dispositions du Code pénal togolais relatives aux infractions environnementales.

Les enquêteurs soupçonnent que le suspect ne soit pas un simple vendeur isolé mais un intermédiaire actif au sein d’un réseau plus large opérant entre le nord du Togo et la capitale.

Selon les premiers éléments de l’enquête, ce réseau alimenterait régulièrement le marché clandestin de l’ivoire en utilisant des méthodes de plus en plus discrètes afin d’échapper à la surveillance des autorités.

Les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuels complices et de remonter les filières d’approvisionnement.

Pour les défenseurs de l’environnement, cette nouvelle affaire illustre la persistance du trafic d’ivoire malgré les interdictions internationales en vigueur depuis plusieurs décennies.

Le coordinateur national d’EAGLE-Togo a dénoncé un commerce qui continue de décimer les populations d’éléphants à travers le continent.

Selon les organisations de conservation, chaque défense d’éléphant vendue sur le marché noir représente généralement la mort d’un animal victime du braconnage.

Malgré l’interdiction du commerce international de l’ivoire depuis 1989, les réseaux criminels continuent d’alimenter une demande importante dans certaines régions du monde.

Les estimations des organisations de protection de la nature indiquent que plusieurs dizaines de milliers d’éléphants sont encore tués chaque année en Afrique pour leurs défenses.

Les autorités togolaises ont renforcé ces dernières années leur arsenal juridique en matière de protection de la faune sauvage. Le pays a ratifié plusieurs conventions internationales et intégré dans sa législation des sanctions plus sévères contre les auteurs de crimes environnementaux.

Malgré ces efforts, le Togo demeure un point de transit stratégique pour certains réseaux de trafic opérant en Afrique de l’Ouest.

Sa position géographique et l’intensité des échanges régionaux en font une zone régulièrement ciblée par les trafiquants cherchant à acheminer l’ivoire vers des marchés internationaux.

La protection des éléphants reste un enjeu majeur pour les pays africains. Les organisations spécialisées soulignent que les populations de pachydermes ont connu un déclin spectaculaire au cours des dernières décennies sous l’effet du braconnage, de la destruction des habitats naturels et de l’expansion des activités humaines.

Au Togo, les efforts de conservation ont permis d’éviter une disparition totale de l’espèce, mais les effectifs demeurent fragiles.

Pour les experts, la lutte contre le trafic d’ivoire ne peut être efficace sans une coopération renforcée entre les services de sécurité, les autorités judiciaires et les organisations internationales chargées de la protection de la biodiversité.

L’arrestation de ce présumé trafiquant constitue ainsi une nouvelle étape dans un combat de longue haleine contre l’un des trafics les plus lucratifs et les plus destructeurs pour la faune africaine.

Rédaction DUNIA NEW’S.

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