Macky Sall : confidences d’un ancien président face aux épreuves du pouvoir

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Macky Sall : confidences d’un ancien président face aux épreuves du pouvoir

Dans un entretien largement diffusé, l’ancien président sénégalais Macky Sall est revenu sur les étapes déterminantes de son parcours politique, de ses débuts auprès d’Abdoulaye Wade à son accession à la magistrature suprême en 2012. Son témoignage, entre confidences personnelles et analyse du pouvoir, éclaire la complexité de l’action politique.

Un parcours jalonné de ruptures

Macky Sall rappelle ses onze années dans l’opposition et ses sept années au pouvoir aux côtés d’Abdoulaye Wade, son mentor politique d’alors. Mais cette longue collaboration se brise en 2008, lorsqu’il quitte le Parti démocratique sénégalais (PDS) pour fonder l’Alliance pour la République (APR). Ce choix audacieux deviendra le tremplin de son élection à la présidence en 2012.

« La politique n’est pas seulement une affaire de projets ou de vision », a-t-il confié, insistant sur la fragilité des alliances, les ambitions personnelles et la nécessité de prendre des décisions dans l’incertitude.

La solitude du pouvoir

Au-delà des discours officiels, Macky Sall évoque la solitude inhérente aux plus hautes fonctions, la charge morale des grandes décisions et les tensions internes auxquelles tout chef d’État est confronté.
Cette lucidité rejoint l’analyse du politologue Jean-François Bayart, qui estime que « gouverner, c’est composer avec l’invisible des rapports de force » (in L’État en Afrique, Fayard, 2006, p. 119).

Des critiques persistantes

Mais ce récit personnel contraste avec les critiques formulées à son encontre. Selon un rapport du FMI (mars 2025), son régime a laissé près de 7 milliards de dollars de dettes cachées, ce qui fragilise la situation macroéconomique du pays (Le Monde, 27 mars 2025).
De plus, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent la répression des manifestations de 2023, qui auraient fait au moins 65 morts. Le gouvernement actuel a d’ailleurs annoncé des enquêtes pour établir les responsabilités.

L’analyste politique Alioune Tine rappelle à ce sujet que « la force d’une démocratie se mesure à sa capacité à rendre des comptes après les périodes de tensions » (in Sénégal : démocratie en sursis ?, L’Harmattan, 2024, p. 74).

Entre héritage et débats

Malgré les critiques, ses partisans mettent en avant ses réalisations en matière d’infrastructures, de diplomatie régionale et de développement énergétique. Macky Sall lui-même se présente comme un dirigeant attaché à la coopération internationale, déclarant lors d’un sommet de l’Union africaine :

« L’Afrique a besoin d’une gouvernance responsable et de partenariats fondés sur le respect et l’équilibre » (Discours, 36e Sommet de l’UA, février 2022).

Un bilan à revisiter

À travers ce témoignage, Macky Sall livre une vision nuancée de la politique : mélange de convictions, de compromis et de contradictions. Son parcours illustre les paradoxes d’un pouvoir qui, tout en permettant des avancées, expose à des critiques sévères.
En définitive, son héritage reste ouvert à l’interprétation : pour ses partisans, un bâtisseur ; pour ses détracteurs, un dirigeant ayant fragilisé les institutions.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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