
La situation devient de plus en plus préoccupante à Bamako, où une partie de la population fait face à d’importantes coupures d’électricité et d’eau dans un contexte de fortes tensions sécuritaires autour de la capitale malienne.
Depuis plusieurs semaines, des informations relayées par des ONG locales, des habitants et plusieurs observateurs sécuritaires évoquent une dégradation progressive des conditions de circulation et d’approvisionnement autour de Bamako, sur fond de menaces attribuées au JNIM, groupe affilié à Al-Qaïda actif dans la région sahélienne.
Selon plusieurs sources locales, au moins trois des six principaux axes routiers menant à Bamako connaissaient des perturbations importantes à la date du 15 mai. Des incidents visant des convois de transport auraient également été signalés sur plusieurs routes stratégiques reliant la capitale au reste du pays.
Des médias et organisations locales évoquent notamment l’incendie de plus d’une dizaine de bus sur l’axe Ségou–Bamako, ainsi que des difficultés croissantes pour les compagnies de transport à assurer leurs rotations habituelles.
Plusieurs entreprises de transport auraient temporairement suspendu certaines liaisons en raison de l’insécurité persistante sur les routes.
Parmi les éléments les plus préoccupants figure également la situation du barrage hydroélectrique de Barrage de Manantali, infrastructure essentielle pour l’approvisionnement énergétique du Mali et de plusieurs pays voisins.
Des informations circulant ces derniers jours évoquent un sabotage ayant affecté les installations électriques liées au barrage. Bien que les autorités maliennes n’aient pas communiqué publiquement de détails complets sur l’ampleur exacte des dégâts, plusieurs habitants de Bamako rapportent une aggravation notable des coupures de courant.
Dans certains quartiers de la capitale, les habitants affirment subir jusqu’à 18 heures d’interruption électrique par jour. Plusieurs zones connaîtraient également des pénuries prolongées d’eau potable, conséquence directe des difficultés énergétiques affectant les systèmes de pompage et de distribution.
Alors que les témoignages de terrain décrivent une situation de plus en plus difficile, la communication officielle adopte un ton plus rassurant.
Les autorités maliennes évoquent régulièrement des routes « sécurisées », des convois livrés avec succès ainsi que des opérations militaires « maîtrisées » contre les groupes armés.
Cette divergence entre discours officiel et réalités rapportées par les habitants alimente de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique malienne et sur les réseaux sociaux.
Des analystes sécuritaires rappellent toutefois que dans les conflits asymétriques, la bataille de la communication constitue elle aussi un enjeu stratégique majeur. Chaque camp cherche à imposer sa lecture de la situation afin d’influencer les perceptions locales et internationales.
Le JNIM avait annoncé le 28 avril dernier une opération de blocus visant Bamako, selon plusieurs canaux de communication liés au groupe.
Depuis, les attaques ne viseraient plus uniquement les convois de carburant ou les positions militaires, mais également les infrastructures logistiques et les réseaux de circulation autour de la capitale.
Pour plusieurs spécialistes du Sahel, cette stratégie vise à affaiblir progressivement l’activité économique de Bamako tout en accentuant la pression psychologique sur les autorités et les populations civiles.
Dans plusieurs quartiers de Bamako, les habitants évoquent désormais un quotidien marqué par les difficultés d’accès à l’électricité, à l’eau et aux transports.
Des commerçants signalent également une hausse du coût de certains produits et des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.
Malgré les déclarations officielles assurant que la situation reste sous contrôle, beaucoup d’habitants attendent surtout des améliorations concrètes sur le terrain.
Car au-delà des communiqués et des déclarations politiques, ce sont les réalités vécues quotidiennement par les populations qui continuent aujourd’hui de mesurer l’ampleur réelle de la crise que traverse la capitale malienne.
Rédaction DUNIA NEW’S















