
Le nord du Nigeria est une nouvelle fois frappé par une vague d’enlèvements de masse. Plus de 80 personnes, principalement des femmes, ont été kidnappées au cours de deux attaques distinctes menées par des groupes armés dans les États du Niger et de Zamfara, selon des rapports sécuritaires consultés par l’AFP.
Des agriculteurs enlevés en pleine récolte
La première attaque s’est produite samedi dans la communauté rurale de Rimi, située dans la zone de gouvernement local de Mariga, dans l’État du Niger. Selon des sources locales et des rapports sécuritaires, au moins 47 agriculteurs, dont une majorité de femmes, ont été capturés alors qu’ils récoltaient des arachides dans leurs champs.
À lire aussi : RDC-Rwanda : Donald Trump promet d’intervenir en cas de violation de l’accord de paix
D’après les informations recueillies par l’AFP, les assaillants sont arrivés à moto avant d’encercler la zone agricole. Les otages auraient ensuite été conduits vers la forêt de Ma’undu, un secteur connu pour servir de refuge à des groupes criminels opérant dans la région. À ce stade, aucune demande de rançon n’aurait encore été adressée aux familles des victimes.
Une deuxième attaque visant des femmes dans l’État de Zamfara
Le lendemain, une autre attaque a été signalée dans la localité de Yargada, dans la circonscription de Gusau, capitale de l’État de Zamfara. Selon un rapport sécuritaire préparé pour les Nations unies et consulté par l’AFP, une quarantaine de femmes ont été enlevées par des hommes armés.
Des habitants de la région affirment toutefois que le bilan pourrait être plus lourd. Des maisons et des véhicules auraient également été incendiés lors de l’assaut, tandis qu’au moins une personne aurait été tuée et plusieurs autres blessées.
Les « bandits », une menace persistante
Ces attaques sont attribuées à des groupes criminels communément appelés « bandits » au Nigeria. Actifs dans le nord-ouest et le centre du pays, ces hommes armés se déplacent généralement à moto et vivent du vol de bétail, du pillage de villages et surtout des enlèvements contre rançon.
Depuis plusieurs années, ces groupes terrorisent les communautés rurales en menant des raids meurtriers, incendiant des habitations et kidnappant des civils pour obtenir d’importantes sommes d’argent.
Un phénomène en forte progression
Selon un rapport du cabinet d’analyse SBM Intelligence cité par l’AFP, les groupes criminels ont perçu environ 7,78 milliards de nairas (près de 5,8 millions de dollars) en rançons entre juillet 2025 et juin 2026. Sur la même période, au moins 7 825 personnes ont été enlevées à travers le pays, soit une hausse de 66 % par rapport à l’année précédente.
À lire aussi : Belgique-Ukraine : Bruxelles confirme une nouvelle livraison de F-16 et renforce sa vigilance face aux menaces hybrides
Cette nouvelle série d’enlèvements intervient alors que les questions de sécurité occupent une place centrale dans le débat public nigérian. Les autorités sont régulièrement critiquées pour leur difficulté à enrayer les activités des groupes armés qui sévissent dans plusieurs régions du pays.
Une insécurité qui inquiète à l’approche des échéances politiques
Alors que le Nigeria se prépare à d’importantes échéances politiques dans les prochains mois, la multiplication des enlèvements continue d’alimenter les inquiétudes des populations rurales. Dans plusieurs États du nord, de nombreuses familles vivent désormais dans la peur permanente de nouvelles attaques, tandis que les activités agricoles, essentielles à l’économie locale, sont gravement perturbées.
À lire aussi : États-Unis : la géolocalisation du téléphone d’une jeune femme disparue mène sa famille à une découverte macabre
Les autorités nigérianes n’avaient pas encore communiqué officiellement sur ces deux attaques au moment de la publication des premiers rapports sécuritaires. Les recherches se poursuivent pour tenter de retrouver les personnes enlevées et identifier les responsables.
Par la rédaction de DUNIA NEW’S















