Nord-Est du Nigeria : les gouverneurs appellent à une refonte urgente de la stratégie militaire face à la menace djihadiste

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Nord-Est du Nigeria : les gouverneurs appellent à une refonte urgente de la stratégie militaire face à la menace djihadiste

Face à la recrudescence des violences djihadistes dans le nord-est du Nigeria, les gouverneurs de six États de la région ont lancé un appel solennel aux forces armées nationales pour réévaluer leur stratégie de lutte contre l’insurrection islamiste. Cette demande intervient dans un contexte marqué par une intensification des attaques menées par Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), responsables de plus d’une centaine de morts en avril dernier.

Réunis à Damaturu, capitale de l’État de Yobe, à l’occasion du 11e Forum des gouverneurs du nord-est, les dirigeants des États de Borno, Adamawa, Gombe, Taraba, Yobe et Bauchi ont exprimé leur profonde inquiétude face à l’évolution préoccupante de la situation sécuritaire. Le gouverneur de Taraba a déclaré en clôture du forum que les autorités régionales « exhortent les forces armées, les agences de sécurité ainsi que les leaders communautaires à adopter une approche plus efficace et globale pour faire face à l’insurrection persistante ».

Selon les gouverneurs, cette refonte stratégique devrait aller au-delà de la seule réponse militaire. Ils appellent à une démarche multidimensionnelle visant à s’attaquer aux causes structurelles du conflit, notamment le chômage élevé chez les jeunes, la pauvreté persistante et l’absence d’infrastructures adéquates. L’éducation technique et professionnelle est également présentée comme un levier essentiel pour détourner les jeunes de l’extrémisme.

Malgré des revers militaires infligés ces dernières années, les groupes terroristes semblent s’adapter. Boko Haram et ISWAP ont récemment changé de tactique, recourant notamment à des drones et à d’autres méthodes de combat technologiquement avancées. Cette évolution rend les opérations militaires traditionnelles moins efficaces, et souligne la nécessité d’actualiser les stratégies de défense.

Par ailleurs, les opérations conjointes dans la région sont compromises par l’affaiblissement de la Force multinationale mixte (FMM), composée du Nigeria, du Niger, du Cameroun et du Tchad. Depuis le retrait du Niger en mars et les menaces similaires du Tchad, la coordination transfrontalière est de plus en plus difficile, notamment en matière de renseignement.

La situation sécuritaire du nord-est du Nigeria demeure donc extrêmement instable, malgré les efforts continus de l’État fédéral. Les gouverneurs régionaux espèrent que leur appel à une action concertée et repensée sera entendu, avant que la spirale de la violence ne s’aggrave davantage.

Imam chroniqueur Babacar Diop

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