
Berlin / Moscou – L’Allemagne pourrait-elle devenir la prochaine puissance nucléaire d’Europe ? C’est l’hypothèse avancée par le Service russe de renseignement extérieur (SVR), qui affirme que Berlin serait en mesure de développer une arme nucléaire opérationnelle en moins d’un an.
Dans un communiqué publié lundi 20 juillet, le renseignement russe affirme que certains experts de l’OTAN s’inquiéteraient de la possibilité de voir l’Allemagne développer ses propres capacités nucléaires et s’émanciper progressivement de la protection américaine.
Une accusation qui intervient alors que Berlin vient justement de renforcer sa coopération stratégique avec la France dans le domaine de la dissuasion nucléaire.
Selon le SVR, des experts de l’Alliance atlantique estimeraient que l’Allemagne pourrait produire les matériaux nécessaires et concevoir un engin nucléaire fonctionnel dans un délai relativement court.
Le renseignement russe avance notamment l’hypothèse d’une arme opérationnelle en moins d’un an, sans qu’un essai nucléaire grandeur nature soit nécessaire.
Ces affirmations n’ont toutefois pas été confirmées publiquement par l’Allemagne ni par l’OTAN.
Elles doivent donc être considérées comme une évaluation attribuée aux services de renseignement russes, et non comme la preuve que Berlin aurait officiellement lancé un programme de fabrication d’armes nucléaires.
L’Allemagne est partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), un accord international destiné à limiter la diffusion des armes atomiques.
L’OTAN rappelle d’ailleurs son engagement en faveur de la mise en œuvre complète du TNP, qu’elle considère comme un pilier essentiel de l’ordre nucléaire international. Berlin participe également aux mécanismes de l’Alliance liés à la dissuasion nucléaire, sans posséder officiellement sa propre arme atomique.
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L’accusation russe intervient néanmoins dans un contexte de profond changement stratégique en Europe.
Le 17 juillet, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron ont annoncé un approfondissement de leur coopération en matière de défense. L’armée allemande doit notamment participer à un exercice nucléaire organisé par la France avant la fin de l’année.
Berlin affirme que cette coopération vient compléter, et non remplacer, le dispositif de dissuasion nucléaire de l’OTAN. Les États-Unis maintiennent par ailleurs des armes nucléaires en Allemagne dans le cadre des arrangements de partage nucléaire de l’Alliance.
Pendant des décennies, l’Allemagne a largement compté sur le parapluie nucléaire américain pour assurer sa sécurité stratégique.
Mais la guerre en Ukraine, les tensions croissantes avec la Russie et les interrogations sur l’avenir de l’engagement américain en Europe ont relancé le débat sur l’autonomie stratégique du continent.
Certains responsables européens défendent désormais l’idée d’une coopération plus étroite autour des forces nucléaires françaises et britanniques afin de renforcer la sécurité européenne.
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Pour Berlin, cette évolution pourrait permettre de jouer un rôle plus important dans les discussions sur la dissuasion nucléaire européenne, sans nécessairement chercher à posséder sa propre bombe atomique.
Moscou dénonce une possible « indépendance nucléaire » de Berlin
Selon le SVR, une Allemagne dotée de capacités nucléaires nationales deviendrait plus indépendante de l’OTAN et des États-Unis. Une telle évolution modifierait profondément l’équilibre stratégique en Europe et pourrait provoquer une nouvelle course aux armements sur le continent.
Moscou observe donc avec attention le rapprochement entre Berlin et Paris dans le domaine de la défense.
La Russie considère également que le renforcement militaire de l’Europe constitue une menace pour sa sécurité, tandis que plusieurs pays européens estiment au contraire que la menace russe les oblige à renforcer leur autonomie militaire.
À ce stade, rien ne permet d’affirmer que l’Allemagne a officiellement décidé de fabriquer sa propre bombe atomique.
Le pays reste signataire du TNP et participe au dispositif nucléaire de l’OTAN. Sa coopération avec la France dans le domaine de la dissuasion ne signifie pas automatiquement la création d’un arsenal nucléaire allemand.
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Mais l’évolution de la politique de défense européenne est bien réelle.
Entre le renforcement de la coopération franco-allemande, les interrogations sur la fiabilité future du soutien américain et les accusations lancées par Moscou, la question nucléaire revient progressivement au centre du débat stratégique européen.
Une chose est certaine : l’Europe cherche désormais à renforcer sa capacité à se défendre par elle-même. Reste à savoir jusqu’où l’Allemagne est prête à aller.
Rédaction DUNIA NEW’S.















