Prisons camerounaises: une hausse de 21% en 5 ans de la population carcérale selon la Commission des droits de l’Homme.
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Dans une déclaration publiée par la Commission des droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) il ressort une aggravation de la surpopulation dans les prisons.
Les données montrent que la capacité d’accueil des établissements pénitentiaires est passée de 19 155 places en 2019 à 20 955 places fin 2024, tandis que le nombre de détenus a augmenté de 30 606 à 37 150 sur la même période.
« Cela représente une hausse de la surpopulation carcérale d’environ 21,5 % en cinq ans, indiquant ainsi une tendance haussière des effectifs des personnes incarcérées, ce qui aggrave le problème de la surpopulation dans les prisons », souligne la CDHC à l’occasion de la 8ᵉ Journée africaine de la détention provisoire.
Causes structurelles
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. La CDHC pointe notamment les retards judiciaires, qui prolongent indûment la détention provisoire des prévenus, ainsi que le manque criant de personnel pénitentiaire. Dans certaines prisons, le ratio atteint 1 000 détenus pour un seul gardien, rendant impossible une gestion respectueuse des droits humains.
La crise sécuritaire dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a également contribué à la réduction du nombre de prisons opérationnelles. La fermeture de la prison principale de Fundong, des prisons secondaires de Bavenga et de Bali, ainsi que la reconversion de celle de Meri en centre de réinsertion pour d’anciens combattants de Boko Haram, ont réduit le parc pénitentiaire national. « Le nombre de prisons fonctionnelles officiel est passé de 80 en 2019 à 76 en 2024 », précise la CDHC.
Déséquilibre judiciaire et pénitentiaire
Dès 2015, le ministre d’État de la Justice, Laurent Esso, alertait sur ce problème structurel. Devant les présidents des Cours d’appel et les délégués pénitentiaires, il avait déploré « une forte disproportion entre le nombre de magistrats, le nombre de juridictions saisies, le nombre d’affaires pénales et le nombre de prisons ouvertes ». Selon les chiffres qu’il avait fournis, 50 000 dossiers pénaux sont enregistrés chaque année par un millier de magistrats dans 99 juridictions, tandis que seules 78 prisons sont disponibles pour accueillir les condamnés.
Cette surpopulation a des répercussions graves sur les conditions de détention. Comme le rapporte la CDHC, « cela engendre la détérioration des conditions de vie des détenus avec des infrastructures inadéquates, une hygiène insuffisante et un accès limité aux soins de santé ». L’entassement des prisonniers, combiné à la vétusté des installations, expose les détenus à des risques sanitaires et humanitaires croissants.
En conclusion, malgré une légère augmentation de la capacité carcérale, le système pénitentiaire camerounais reste sous tension en raison de l’afflux continu de détenus, des lenteurs judiciaires et du manque de moyens. Une réforme globale s’impose pour répondre à cette crise qui porte atteinte aux droits fondamentaux des prisonniers.













