RDC : 27 militaires condamnés à mort pour avoir fui les combats dans le Sud-Kivu

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RDC : 27 militaires condamnés à mort pour avoir fui les combats dans le Sud-Kivu

La justice militaire de la République démocratique du Congo (RDC) a condamné à mort 27 militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), reconnus coupables d’avoir abandonné leurs positions face aux groupes armés actifs dans l’est du pays. Le verdict a été rendu le 2 octobre 2026 par le tribunal militaire de garnison siégeant dans la province du Sud-Kivu, selon plusieurs sources locales relayées par les médias congolais.

Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans l’est de la RDC, où les FARDC affrontent depuis plusieurs années différents groupes armés, notamment les rebelles du M23 et leurs alliés présumés. Les combats ont provoqué d’importants déplacements de populations et une crise humanitaire persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Plus d’une centaine de militaires poursuivis

Selon les informations rapportées, le procès concernait au moins 112 militaires accusés d’avoir déserté ou abandonné leurs positions lors d’affrontements impliquant les FARDC et des combattants de la coalition AFC/M23 ainsi que d’autres groupes armés opérant dans la région.

À l’issue des audiences, 27 soldats ont été condamnés à la peine capitale pour des faits assimilés à la lâcheté devant l’ennemi. D’autres prévenus ont écopé de peines de servitude pénale pouvant aller jusqu’à cinq ans, tandis que certaines sanctions prononcées n’ont pas encore été rendues publiques.

Une justice militaire plus sévère depuis 2024

Cette condamnation s’inscrit dans une politique de fermeté adoptée par les autorités congolaises depuis la levée du moratoire sur l’application de la peine de mort en mars 2024. Kinshasa avait alors justifié cette décision par la nécessité de lutter contre la trahison, l’espionnage, les désertions militaires et les atteintes à la sécurité nationale.

Depuis cette mesure, plusieurs militaires ont été condamnés à mort pour abandon de poste ou fuite devant l’ennemi. En juillet 2024, un tribunal militaire du Nord-Kivu avait déjà condamné 25 soldats à la peine capitale après leur fuite lors d’affrontements contre les rebelles du M23. Les militaires étaient également poursuivis pour pillages et violations des ordres militaires.

Une guerre qui fragilise l’armée congolaise

L’est de la RDC demeure l’un des principaux foyers d’instabilité en Afrique. Les FARDC font face à de multiples groupes armés, dont le M23, accusé par Kinshasa et plusieurs partenaires internationaux de bénéficier d’un soutien extérieur, ce que les autorités concernées contestent.

Les analystes soulignent régulièrement les difficultés auxquelles est confrontée l’armée congolaise, notamment le manque de moyens logistiques, les problèmes de commandement et les conditions de vie souvent difficiles des soldats engagés sur le terrain.

Des condamnations susceptibles de recours

À ce stade, les autorités judiciaires n’ont pas indiqué si les condamnés comptaient faire appel du jugement. En RDC, les décisions des juridictions militaires peuvent faire l’objet de recours selon les procédures prévues par la loi.

Cette nouvelle condamnation illustre la volonté des autorités congolaises de renforcer la discipline au sein des FARDC dans un contexte de guerre persistante contre les groupes armés opérant dans l’est du pays. Toutefois, plusieurs organisations de défense des droits humains continuent d’exprimer leurs préoccupations concernant le recours à la peine de mort et les conditions dans lesquelles certains procès militaires sont organisés.

Rédaction DUNIA NEW’S

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