Senegal / Fleuristes urbains à Dakar : passion, contraintes et perspectives vertes
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PAR IMAM CHRONIQUEUR BOUBACAR DIOP

Au cœur de la ville de Dakar au Sénégal , sur le boulevard Dial Diop face au centre culturel Blaise Senghor, des étals de fleurs et plantes ornementales offrent un refuge rafraîchissant dans la ville. Pourtant, derrière ce décor coloré, les fleuristes éprouvent des difficultés : les clients se font rares, la demande reste faible, et les revenus instables.
Un métier aimé, mal récompensé
Ngagne Fall, formé à la fléuristerie depuis une vingtaine d’années constate une baisse des ventes, bien que son amour pour les plantes reste intact.
« J’ai appris ce métier sur le tas… Aujourd’hui, il est difficile de trouver des clients », déplore-t-il.
À ses côtés, Babacar Dieng note que « ce sont surtout les femmes qui achètent des roses, les hommes viennent rarement », pointant une réalité sociologique confirmée par la sociologue Marie‑Line Diatta : « Les achats floraux restent largement genrés… il faut éduquer à la beauté et au vivant dès le plus jeune âge. »
État du marché mondial et innovations vertes
À l’international, la floriculture se transforme par des pratiques durables et technologiques : éco-responsable, réduction de l’eau, biopesticides, emballages biodégradables, traçabilité via blockchain, E‑commerce, et agriculture contrôlée.
Lors du salon IFTEX 2025 à Nairobi ( Kenya ) , les professionnels Africains ont réaffirmés la priorité à la durabilité et la responsabilité sociale .
Christopher Kulei de Kenya Flower Council a insisté :« […] mettre la durabilité au cœur de chaque stratégie est une exigence des consommateurs » .
Le Dr Emmanuel Diarra (PNUE) rappelle que « Le commerce des plantes ornementales est un levier de développement durable, peu exploité en Afrique de l’Ouest ».
Pierrette Mèmonsso & al. (2023) identifient les principaux défis africains : changement climatique, ravageurs, manque de circuits locaux solides, et recommandent irrigation adaptée, variétés résistantes, et politiques publiques soutenues.
Logistique et accès aux marchés
Bien que modestes à Dakar, certains fleuristes pourraient bénéficier de chaînes logistiques renforcées. En Afrique de l’Est, des événements comme Flower Logistics Africa (Nairobi, mars 2025) abordent les défis suivants : capacité cargo aérien restreinte, recours au fret maritime pour réduire les coûts, et adoption de la blockchain pour la traçabilité.
Soulignons que les fleuristes de Dakar, passionnés et expérimentés, restent confrontés à des défis structurels et à une demande modeste , pourtant, les leviers d’une activité plus florissante sont nombreux.

À l’image des réussites kenyanes ou éthiopiennes, lauréates des salons IFTEX ou Flower Logistics Africa, Dakar peut, elle aussi, réinventer sa fleuristerie pour conjuguer passion, écologie et viabilité économique.
Imam chroniqueur Babacar Diop













