La déclaration du leader de PASTEF intervient dans un contexte de tensions inédites entre lui et le président Bassirou Diomaye Faye, après la formation d’un nouveau gouvernement sans participation de son parti.

La crise politique qui secoue le sommet de l’État sénégalais continue de s’intensifier. Lors d’un point de presse tenu mardi 2 juin, le président de l’Assemblée nationale et leader du parti PASTEF, Ousmane Sonko, a affirmé disposer des moyens politiques nécessaires pour renverser le gouvernement actuellement en place.
« Si je le souhaitais, je ferais tomber ce gouvernement dès demain », a déclaré l’ancien Premier ministre devant la presse, dans des propos qui ont rapidement suscité de nombreuses réactions dans la classe politique sénégalaise.
Une déclaration sur fond de rupture au sommet de l’État.
Cette sortie intervient quelques jours seulement après un tournant majeur de la vie politique sénégalaise.
Le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de Premier ministre d’Ousmane Sonko avant de nommer un nouveau chef du gouvernement, ouvrant une séquence politique marquée par des divergences de plus en plus visibles entre les deux figures historiques de PASTEF.
Dans la foulée, le parti PASTEF a annoncé qu’il ne participerait pas au nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Lô, invoquant des désaccords portant notamment sur la place de la majorité présidentielle dans l’exécutif.
La déclaration de Sonko est largement interprétée comme une référence à l’importante influence dont il dispose au sein de l’Assemblée nationale.
Depuis les dernières législatives, PASTEF et ses alliés contrôlent une large partie du Parlement sénégalais. Cette majorité confère au président de l’Assemblée nationale un levier politique considérable dans les rapports de force institutionnels.
Même si Sonko n’a pas détaillé les mécanismes qu’il pourrait utiliser, plusieurs observateurs évoquent notamment les outils parlementaires de contrôle du gouvernement, voire d’éventuelles initiatives susceptibles de fragiliser l’exécutif.
Sonko assure ne pas vouloir provoquer le chaos
Malgré la fermeté de son discours, Ousmane Sonko avait récemment affirmé qu’il n’utiliserait pas ses responsabilités à la tête du Parlement pour « organiser le chaos institutionnel ». Il avait alors insisté sur le rôle de contrôle que doit exercer l’Assemblée nationale vis-à-vis du gouvernement.
Cette nuance est importante pour plusieurs analystes, qui estiment que le leader de PASTEF cherche davantage à démontrer son poids politique qu’à annoncer une action immédiate contre l’exécutif.
La situation actuelle constitue l’une des plus importantes recompositions politiques depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye en 2024.
Longtemps présentés comme un tandem indissociable, Diomaye Faye et Ousmane Sonko semblent désormais engagés dans une relation institutionnelle beaucoup plus complexe, où s’entremêlent enjeux de gouvernance, contrôle du pouvoir et avenir du projet politique porté par PASTEF.
Pour l’heure, aucune réaction officielle de la présidence sénégalaise n’a été enregistrée à la suite des propos de Sonko. Mais cette déclaration confirme que la bataille politique est loin d’être terminée entre les deux anciens alliés.
Alors que le nouveau gouvernement tente de s’installer et de définir sa feuille de route, les prochains jours pourraient être déterminants pour l’équilibre des institutions sénégalaises et l’avenir de la majorité issue de l’alternance de 2024.
Rédaction DUNIA NEW’S.














