
La crise politique continue de s’intensifier au Sénégal au lendemain de la nomination de Ahmadou Al Aminou Lo au poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye.
Alors que plusieurs responsables du PASTEF souhaitent voir Ousmane Sonko retrouver son siège de député puis briguer la présidence de l’Assemblée nationale du Sénégal, des voix s’élèvent déjà pour contester la légalité d’un tel scénario.
Parmi les opposants à cette hypothèse figure Sira Ndiaye, ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale.
Selon elle, le retour d’Ousmane Sonko au Parlement serait juridiquement impossible au regard du règlement intérieur de l’institution.
Elle affirme que les textes prévoient uniquement le remplacement temporaire d’un député nommé au gouvernement. Or, selon son interprétation, Ousmane Sonko occupait déjà les fonctions de Premier ministre lorsqu’il a été élu député, ce qui empêcherait toute réactivation automatique de son mandat parlementaire.
L’opposition évoque un « coup d’État institutionnel »
D’autres personnalités politiques, dont l’ancienne ministre Aïssata Tall Sall, dénoncent également ce qu’elles qualifient de possible « coup d’État institutionnel ».
Ces responsables estiment que le mandat parlementaire d’Ousmane Sonko serait définitivement éteint et qu’un retour à l’Assemblée nationale constituerait une interprétation abusive des textes.
Le débat prend désormais une dimension juridique et institutionnelle majeure, dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions politiques.
En face, les soutiens d’Ousmane Sonko restent déterminés à défendre son retour au Parlement, certains allant jusqu’à réclamer son accession à la présidence de l’Assemblée nationale après la démission récente d’El Malick Ndiaye.
Plusieurs élus et militants du PASTEF considèrent que Sonko demeure la principale figure politique de la majorité et qu’il doit continuer à occuper une place centrale dans les institutions du pays.
Des déclarations particulièrement virulentes ont également circulé ces dernières heures sur les réseaux sociaux, certains militants menaçant de provoquer des troubles si la candidature de Sonko au Parlement était bloquée.
Depuis le limogeage d’Ousmane Sonko de la primature, le Sénégal traverse une phase de recomposition politique particulièrement rapide : dissolution du gouvernement ; nomination d’un nouveau Premier ministre ;démission du président de l’Assemblée nationale ;et désormais bataille juridique autour du statut parlementaire de Sonko.
Cette succession d’événements révèle des fractures profondes au sein du paysage politique sénégalais et place les institutions sous forte pression.
La question du retour ou non d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale pourrait désormais devenir l’un des principaux enjeux politiques et juridiques des prochains jours au Sénégal.
Les regards se tournent vers les autorités parlementaires, les juristes constitutionnalistes et éventuellement le Conseil constitutionnel du Sénégal, qui pourraient être amenés à clarifier l’interprétation des textes.
Dans un pays souvent présenté comme une référence démocratique en Afrique de l’Ouest, cette crise institutionnelle est désormais suivie avec attention aussi bien à Dakar qu’au niveau régional.
Rédaction DUNIA NEW’S














