
Ousmane Sonko n’avait pas démissionné de l’Assemblée nationale. Il avait suspendu son mandat
Et en politique, les mots ont un poids.
Comme toujours, je préfère la vérité aux passions partisanes. Oui, lui-même a souvent parlé de “démission”, probablement par facilité de langage. Mais juridiquement, une suspension n’est pas une démission.
Cependant, cela ne règle pas automatiquement la question de son retour à l’Assemblée.
Pourquoi ?
Parce qu’au moment où il suspendait son mandat, aucune procédure de réintégration n’existait dans les textes. Aujourd’hui, certains veulent appliquer une loi plus favorable apparue après les faits. Politiquement, ils peuvent le défendre. Juridiquement aussi, peut-être. Sauf si le Conseil constitutionnel décide de rappeler que les lois ne se bricolent pas selon les intérêts du moment.
Mais au-delà des textes, je pose encore la vraie question, celle que beaucoup évitent :
Qu’est-ce que Sonko peut faire au perchoir que son propre camp ne fait déjà à l’Assemblée ?
L’Assemblée nationale vote des lois. Le véritable levier du pouvoir reste l’exécutif. Et aujourd’hui, Sonko est déjà au cœur de cet exécutif.
Alors pourquoi cette bataille ?
Pour le peuple ?
Ou pour le symbole ?
Ou simplement pour montrer qu’au Sénégal, la loi doit désormais s’adapter aux hommes puissants ?
Le débat mérite mieux que des slogans.
Il mérite du courage intellectuel.
— Tossoukpe Frédéric Herman















