Tchad : Une équipe médicale retire un myome utérin de près de 5,9 kg chez une patiente de 30 ans

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Tchad : Une équipe médicale retire un myome utérin de près de 5,9 kg chez une patiente de 30 ans

Une intervention chirurgicale particulièrement délicate a été réalisée au Centre hospitalier universitaire de Pala, au Tchad. Une patiente de 30 ans, qui souhaitait pouvoir avoir un enfant, a été opérée pour l’ablation d’un volumineux myome utérin pesant 5 865 grammes. L’équipe médicale a également effectué plusieurs gestes chirurgicaux destinés à améliorer les conditions anatomiques de son appareil reproducteur et à préserver ses possibilités de conception.

Une intervention gynécologique d’envergure a été menée avec succès au Centre hospitalier universitaire de Pala (CHU-P), au Tchad. Le Service de gynécologie-obstétrique et de médecine de la reproduction (SGOMR) de cet établissement a pris en charge une patiente âgée de 30 ans présentant un volumineux myome utérin et exprimant un désir de grossesse.

Selon les informations communiquées par le service de communication du CHU-P et rapportées le 4 novembre 2026 par Burkina24, l’opération a permis de retirer une masse de 5 865 grammes, soit près de 5,9 kilogrammes.

Au-delà de l’importance de cette masse, l’intervention présentait un enjeu particulier : prendre en charge la pathologie tout en préservant autant que possible les conditions nécessaires à une éventuelle grossesse.

Une opération réalisée par ouverture de l’abdomen

Pour retirer le myome, les chirurgiens ont eu recours à une laparotomie. Cette technique consiste à pratiquer une incision au niveau de l’abdomen afin d’accéder directement aux organes internes.

Elle permet notamment de prendre en charge des masses volumineuses lorsque les caractéristiques de la situation clinique nécessitent une intervention par voie abdominale.

Dans le cas de cette patiente, l’opération ne s’est pas limitée à l’ablation du myome. L’équipe médicale a également réalisé une adhésiolyse, une intervention qui consiste à libérer les organes ou les tissus qui se trouvent anormalement attachés les uns aux autres par des adhérences.

Ces adhérences pelviennes peuvent perturber les rapports anatomiques entre les organes reproducteurs et, selon leur localisation, constituer un obstacle à la fertilité.

Les trompes de Fallope également prises en charge

Un autre geste important a été effectué pendant l’intervention : une plastie tubaire bilatérale.

Cette technique chirurgicale vise à corriger ou à réparer les trompes de Fallope, deux conduits qui jouent un rôle essentiel dans le processus de reproduction. C’est notamment dans l’une de ces trompes que se produit habituellement la rencontre entre l’ovule et les spermatozoïdes.

La réalisation de cette plastie sur les deux trompes, associée à l’adhésiolyse, montre que la prise en charge ne concernait pas uniquement le retrait de la masse utérine. Les chirurgiens ont également travaillé sur l’environnement anatomique de l’appareil reproducteur.

L’objectif annoncé par le CHU était d’améliorer les conditions anatomiques et de préserver les possibilités de conception de la patiente.

Il convient toutefois de préciser qu’une intervention de ce type ne garantit pas automatiquement une grossesse. Les chances de conception dépendent de plusieurs facteurs, notamment de l’état des trompes après l’opération, de la fonction ovarienne et d’autres paramètres médicaux.

Une équipe médicale pluridisciplinaire mobilisée

L’intervention a été conduite par le Dr GUIRO Noura, titulaire d’un diplôme d’études spécialisées (DES) en médecine de la reproduction, avec la participation d’attachés en chirurgie.

L’équipe d’anesthésie-réanimation était, quant à elle, conduite par le Dr SAWADOGO Arouna, également titulaire d’un DES dans sa spécialité.

Cette collaboration entre les équipes de gynécologie, de chirurgie et d’anesthésie-réanimation a permis la réalisation de cette intervention complexe.

Dans sa communication, le CHU de Pala a salué les compétences techniques et l’engagement des professionnels mobilisés pour la prise en charge des pathologies gynécologiques complexes, particulièrement chez les femmes ayant un projet de maternité.

Les myomes utérins, une pathologie aux conséquences variables

Les myomes utérins, également appelés fibromes, sont des tumeurs bénignes qui se développent à partir du muscle de l’utérus. Ils peuvent être de tailles et de nombres variables. Certaines femmes ne présentent aucun symptôme, tandis que d’autres peuvent souffrir de douleurs pelviennes, de saignements abondants ou de complications liées à leur localisation et à leur volume.

Dans certaines situations, les fibromes peuvent également perturber la fertilité ou compliquer une grossesse. La prise en charge dépend notamment de l’âge de la patiente, de ses symptômes, des caractéristiques du myome et de son éventuel désir d’enfant.

Lorsqu’une femme souhaite préserver ses possibilités de grossesse, une myomectomie, c’est-à-dire l’ablation du fibrome tout en conservant l’utérus, peut être envisagée selon son état clinique.

C’est précisément l’enjeu de l’intervention réalisée à Pala : traiter une masse particulièrement volumineuse sans perdre de vue le projet de maternité de la patiente.

Une avancée pour la prise en charge de la santé reproductive au Tchad

À travers cette opération, le CHU de Pala met en avant les capacités de son service spécialisé en gynécologie-obstétrique et en médecine de la reproduction.

Cette intervention illustre l’importance d’une prise en charge qui ne se limite pas au traitement immédiat d’une maladie, mais tient également compte des projets de vie et des perspectives de santé reproductive des patientes.

Le service de communication de l’établissement présente cette réalisation comme une illustration de sa volonté de développer une offre de soins spécialisés et d’améliorer la prise en charge des pathologies gynécologiques complexes.

Si le succès technique de l’opération est annoncé par l’établissement, aucune précision supplémentaire n’a été communiquée sur l’évolution postopératoire de la patiente ni sur ses chances individuelles de concevoir. Ces éléments devront être appréciés à partir du suivi médical.

Le retrait de cette masse de près de six kilogrammes constitue néanmoins une intervention remarquable pour l’équipe médicale mobilisée au CHU de Pala.

Par Gil-christ DJOSSOU pour DUNIA NEW’S

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