Une spectaculaire saisie de cocaïne réalisée au port français de Dunkerque a conduit à l’ouverture d’une vaste enquête internationale impliquant les autorités françaises et ghanéennes. Près de 3,9 tonnes de cocaïne, dissimulées dans un conteneur de déchets plastiques en provenance du Ghana, ont été interceptées par les douanes françaises. La valeur marchande de la cargaison est estimée à environ 225 millions d’euros.

Selon le Parquet national anti-criminalité organisée (PNACO), la drogue était répartie dans plusieurs ballots soigneusement dissimulés à l’intérieur d’un conteneur transportant des déchets plastiques. Le chargement, expédié depuis le Ghana, devait notamment transiter par le port d’Anvers, en Belgique.
La découverte a été effectuée par les agents de la Brigade de surveillance extérieure des douanes de Dunkerque. Les autorités françaises ont indiqué que l’intégralité de la cargaison avait été détruite après sa saisie.
À la suite de cette saisie record, les autorités françaises ont confié les investigations à l’Office anti-stupéfiants (OFAST) afin d’identifier les membres du réseau criminel soupçonné d’avoir organisé l’opération. Les enquêteurs s’intéressent notamment aux circuits logistiques ayant permis à une telle quantité de cocaïne de quitter le Ghana sans être détectée.
Au Ghana, la Commission de contrôle des stupéfiants (NACOC) a ouvert sa propre enquête. Celle-ci vise à déterminer les responsabilités éventuelles dans l’exportation de la cargaison et à comprendre comment le conteneur a franchi les différentes étapes des contrôles douaniers et portuaires.
L’affaire a déjà conduit à l’arrestation de plusieurs suspects au Ghana. Selon les informations rapportées par l’agence officielle Ghana News Agency, quatre personnes ont été placées en détention provisoire par la Haute Cour d’Accra. Elles sont poursuivies pour complot criminel et exportation présumée de stupéfiants.
Parmi elles figure Jessica Hartog, présentée par la presse ghanéenne comme une entrepreneure du secteur de la beauté. Les autres suspects sont Desmond Koranteng Curiel, Musah Atta et Kweku Okyere. Un cinquième individu, identifié comme le ressortissant néerlandais Jos Leijdekkers, surnommé « Bolle Jos », est recherché par les autorités.
Lors de leur comparution devant la justice, les quatre mis en cause ont plaidé non coupable. Le tribunal a rejeté leurs demandes de mise en liberté sous caution et ordonné leur maintien en détention pendant la poursuite des investigations.
Des questions sur les contrôles portuaires
Au-delà des arrestations, cette affaire suscite un vif débat au Ghana. Plusieurs médias locaux soulignent que l’enquête porte désormais sur l’ensemble de la chaîne logistique : exportateurs, transitaires, services de contrôle et procédures de scanner des conteneurs.
Des responsables politiques de l’opposition ont également réclamé des explications sur les circonstances ayant permis l’expédition d’une telle quantité de drogue vers l’Europe.
Une saisie parmi les plus importantes de l’année.
Avec près de quatre tonnes de cocaïne interceptées, l’opération de Dunkerque figure parmi les plus importantes saisies de stupéfiants réalisées récemment en Europe. Selon les autorités françaises, elle illustre l’intérêt croissant des réseaux de narcotrafic pour les ports secondaires, utilisés afin de contourner les dispositifs de surveillance renforcés dans les grands hubs maritimes européens.
L’enquête se poursuit désormais des deux côtés de la Méditerranée afin d’identifier l’ensemble des acteurs impliqués dans ce trafic international présumé.
Rédaction DUNIA NEW’S.















