Afrique du Sud : Des opérations anti-immigration ravivent les craintes d’une nouvelle vague de violences xénophobes

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Afrique du Sud : Des opérations anti-immigration ravivent les craintes d'une nouvelle vague de violences xénophobes

Johannesburg – L’Afrique du Sud est de nouveau confrontée à une montée des tensions autour de la question migratoire. Depuis jeudi, plusieurs groupes se présentant comme des mouvements anti-immigration organisent des opérations de porte-à-porte dans différents quartiers de Johannesburg afin de repérer et de signaler des immigrés africains en situation irrégulière. Ces actions, menées en dehors de tout cadre légal, suscitent de vives inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains, qui redoutent une résurgence des violences xénophobes ayant marqué le pays par le passé.

Selon plusieurs médias sud-africains, les premières opérations ont été signalées dans le township d’Alexandra, au nord de Johannesburg. Des groupes de manifestants auraient forcé l’entrée de plusieurs habitations, procédé à des fouilles et remis certains occupants étrangers aux forces de l’ordre.
Parmi les personnes interpellées figureraient notamment une femme et un enfant originaires du Malawi. Des personnes arrêtées affirment pourtant être en possession de documents leur permettant de résider légalement en Afrique du Sud, alimentant les interrogations sur les critères utilisés lors de ces opérations.
À Soweto, autre grand township de Johannesburg, des groupes de manifestants, certains munis de bâtons, ont également parcouru les rues en annonçant publiquement leur intention de mener des opérations similaires afin d’identifier des étrangers en situation irrégulière. Des actions comparables auraient également été observées dans certains quartiers de Durban, laissant craindre une extension du mouvement à d’autres villes du pays.

« Nous faisons du porte-à-porte pour enlever les étrangers »

Interrogé par la presse locale, Bongani Msomi, présenté comme l’un des responsables du mouvement, a assumé les opérations en déclarant :

« Nous faisons du porte-à-porte pour enlever les étrangers. »

Cette déclaration illustre le climat de tension qui entoure la question migratoire en Afrique du Sud, où une partie de la population accuse les immigrés de contribuer au chômage, à la criminalité et à la pression sur les services publics. Toutefois, plusieurs études universitaires et rapports d’organisations internationales soulignent que ces accusations reposent souvent sur des perceptions plus que sur des données établies.

Face à la montée des tensions, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a appelé au calme et au respect de l’État de droit. Il a rappelé que les citoyens ne peuvent en aucun cas se substituer aux autorités chargées de l’application des lois.
Le chef de l’État a également mis en garde contre la tentation de faire des immigrés des boucs émissaires face aux difficultés économiques et sociales que traverse le pays. Selon lui, les questions liées à l’immigration doivent être traitées dans le strict respect de la loi et des droits fondamentaux.

Si la police sud-africaine a confirmé avoir intensifié les contrôles visant les personnes en situation irrégulière, elle ne s’est pas encore exprimée officiellement sur les méthodes employées par les groupes de manifestants qui mènent ces opérations de porte-à-porte.
Cette absence de réaction suscite des critiques de la part de plusieurs organisations de la société civile, qui dénoncent des actes assimilables à de l’intimidation, voire à des expulsions illégales menées par des particuliers.

L’Afrique du Sud a connu à plusieurs reprises de violentes flambées de xénophobie, notamment en 2008, 2015 et 2019. Ces épisodes avaient fait des dizaines de morts, provoqué le déplacement de milliers de personnes et entraîné d’importants dégâts matériels. Les principales victimes étaient des ressortissants africains originaires notamment du Zimbabwe, du Mozambique, du Malawi, de la République démocratique du Congo, du Nigeria, de l’Éthiopie et de la Somalie.
Dans un pays confronté à un taux de chômage parmi les plus élevés au monde et à de profondes inégalités sociales, la question migratoire demeure particulièrement sensible. Les observateurs estiment que les prochains jours seront déterminants pour éviter que les tensions actuelles ne dégénèrent en nouvelles violences.
Les autorités sud-africaines sont désormais attendues sur leur capacité à garantir la sécurité de toutes les personnes vivant sur leur territoire, quelle que soit leur nationalité, tout en assurant le respect des lois relatives à l’immigration.

Rédaction DUNIA NEW’S.

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