
Le Conseil national de la communication (CNC) a demandé à Canal+ International de retirer « sans délai » le signal de Vision 4 de son bouquet. Cette nouvelle injonction intervient après la demande du ministre de la Communication de rétablir la chaîne, plaçant l’opérateur face à deux demandes contradictoires.
Le dossier Vision 4 prend une nouvelle tournure au Cameroun. Dans une correspondance datée du 6 octobre 2026, le président du CNC, Joseph Chebonkeng Kalabubsu, a demandé à Canal+ International de retirer à nouveau le signal de la chaîne de télévision Vision 4 de son bouquet.
Le régulateur affirme avoir constaté la réactivation de la chaîne après sa suspension d’un mois prononcée le 29 septembre. Il demande à Canal+ de se conformer à cette décision et prévient qu’il pourrait prendre les mesures réglementaires relevant de sa compétence en cas de refus.
Deux institutions, deux demandes à Canal+
Cette nouvelle demande intervient quatre jours après une correspondance du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi. Le 2 octobre, le ministre avait demandé à Canal+ Cameroun de rétablir Vision 4 dans son bouquet. Le ministère justifiait cette demande notamment par la nécessité de préserver l’équilibre médiatique ainsi que les emplois liés au groupe L’Anecdote.
Le ministère précise aujourd’hui que le signal de Vision 4 a été rétabli, tandis que les sanctions visant certains responsables du média demeurent appliquées.
Le CNC adopte une position différente. Dans sa correspondance du 6 octobre, le Conseil rappelle qu’il est une autorité administrative indépendante et affirme ne pas être placé sous la tutelle du ministère de la Communication. Il demande donc à Canal+ International de retirer le signal de Vision 4.
Une bataille institutionnelle qui dépasse Vision 4
À l’origine de cette affaire, le CNC avait suspendu Vision 4 pour un mois lors de sa session extraordinaire du 29 septembre. La décision concernait également le journaliste Thaddée Martial Owona, suspendu six mois, et Boni Meyene Philippe, directeur général des médias du Groupe L’Anecdote, suspendu un mois. Le Conseil reprochait notamment au média de ne pas avoir exécuté une précédente sanction et à ses responsables de ne pas avoir donné suite à certaines convocations.
Le dossier a ensuite pris une dimension judiciaire. Le Tribunal administratif du Centre a ordonné, le 1er octobre, le sursis à exécution d’une décision du CNC concernant Vision 4 et deux de ses responsables, selon les informations rapportées par la presse camerounaise.
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Canal+ se retrouve désormais au centre du différend. Après avoir reçu une demande de rétablissement du ministère, l’opérateur reçoit du CNC une nouvelle injonction de retrait.
L’affaire pose ainsi une question institutionnelle sur les compétences respectives du ministère de la Communication, chargé notamment des autorisations dans le secteur, et du CNC, chargé de la régulation des médias. Une procédure judiciaire doit encore permettre de trancher le fond du différend.
Celine Dou















