Canada–États-Unis : Doug Ford menace de couper l’électricité à l’Amérique et lance un avertissement à Donald Trump

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Canada–États-Unis : Doug Ford menace de couper l’électricité à l’Amérique et lance un avertissement à Donald Trump

OTTAWA — Le bras de fer commercial entre le Canada et les États-Unis prend une nouvelle tournure. Alors que Donald Trump accentue la pression tarifaire sur les produits canadiens, le Premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, brandit à nouveau l’arme énergétique.

Le dirigeant de la province la plus peuplée du Canada menace de réduire, voire de suspendre, les exportations d’électricité de l’Ontario vers les États-Unis si Washington poursuit sa politique tarifaire et cherche, selon lui, à affaiblir durablement l’industrie canadienne.

Dans une formule particulièrement directe adressée au président américain, Doug Ford a lancé : « Il ferait mieux d’avoir un paquet de piles » si Donald Trump poursuit ses attaques contre l’industrie manufacturière canadienne.


L’avertissement intervient alors que les relations économiques entre les deux pays, pourtant étroitement liés, connaissent une nouvelle phase de tension.

Une menace énergétique assumée

Doug Ford ne s’est pas contenté de critiquer les droits de douane américains.

Le Premier ministre de l’Ontario a clairement indiqué que l’électricité pouvait devenir un instrument de représailles.

Selon lui, toutes les options sont désormais sur la table si Washington continue d’imposer des mesures commerciales jugées hostiles au Canada.

« Nous pourrions infliger une douleur massive, massive aux États-Unis », a-t-il déclaré, estimant que Donald Trump sous-estime la capacité du Canada à riposter.

L’Ontario dispose effectivement d’un levier important : ses réseaux électriques alimentent plusieurs zones du nord-est et du Midwest américains.

Doug Ford a notamment rappelé que l’Ontario fournit de l’électricité à environ 1,5 million de foyers et d’entreprises américains.

« Il ferait mieux d’avoir un paquet de piles »

C’est cette formule qui a particulièrement retenu l’attention.

En évoquant un « paquet de piles », Doug Ford faisait référence à l’hypothèse dans laquelle l’Ontario déciderait de réduire ou d’interrompre ses exportations d’électricité vers les États-Unis.

Le message adressé à Donald Trump est donc simple : si Washington veut continuer à exercer une pression économique sur le Canada, Ottawa et les provinces disposent elles aussi de moyens de représailles.

Le responsable ontarien estime que les États-Unis ne doivent pas considérer l’énergie canadienne comme acquise.

Pour lui, la dépendance énergétique de certaines régions américaines constitue un élément de négociation que le Canada peut utiliser si la confrontation commerciale continue de s’aggraver.

Une menace qui n’est pas nouvelle

Doug Ford avait déjà utilisé l’électricité comme moyen de pression lors d’une précédente crise commerciale avec Washington.

En mars 2025, son gouvernement avait imposé une surtaxe de 25 % sur l’électricité exportée vers le Michigan, le Minnesota et l’État de New York.

La mesure avait toutefois été retirée moins de 24 heures après son entrée en vigueur, dans le cadre d’une tentative de désescalade.

Cette expérience montre que l’option énergétique n’est pas seulement théorique.

L’Ontario a déjà démontré qu’il pouvait modifier les conditions de ses exportations d’électricité vers les États-Unis.

Mais cette fois, Doug Ford évoque une réponse potentiellement beaucoup plus importante si le conflit commercial venait à s’intensifier.

Une nouv1elle escalade tarifaire américaine

La déclaration du Premier ministre ontarien intervient après une nouvelle aggravation des tensions commerciales.

L’administration Trump a récemment imposé des droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens, touchant notamment plusieurs secteurs industriels et commerciaux.

Donald Trump a également menacé d’autres mesures visant des secteurs stratégiques de l’économie canadienne.

Pour Ottawa, ces décisions constituent une attaque contre l’économie canadienne.

Le gouvernement du Premier ministre Mark Carney a annoncé en retour de nouvelles mesures tarifaires contre les produits américains.

Une nouvelle série de droits de douane canadiens doit notamment entrer en vigueur le 8 septembre 2026.

Le conflit commercial entre les deux voisins nord-américains semble donc entrer dans une phase de confrontation plus directe.

« Il sous-estime la force de frappe du Canada »

Doug Ford estime que Donald Trump commettrait une erreur stratégique en considérant le Canada comme le partenaire le plus faible dans cette confrontation.

« Trump sous-estime le Canada, et c’est sa plus grosse erreur », a-t-il déclaré en substance, avant d’évoquer la capacité du pays à exercer une pression sur l’économie américaine.

L’Ontario dispose notamment de ressources énergétiques importantes, tandis que le Canada possède également des réserves de minerais critiques indispensables à plusieurs industries américaines.

Ford a ainsi évoqué la possibilité de jouer également sur les minerais critiques si la guerre commerciale devait continuer à s’aggraver.

Ces ressources sont particulièrement importantes pour les secteurs de l’automobile, des technologies, de l’énergie et de la défense.

L’électricité canadienne est-elle indispensable aux États-Unis ?

La menace de Doug Ford est spectaculaire, mais elle doit être replacée dans son contexte.

Le Canada exporte effectivement de grandes quantités d’électricité vers les États-Unis, principalement vers les États proches de la frontière.

Mais cela ne signifie pas qu’une coupure canadienne plongerait les États-Unis dans un gigantesque blackout national.

Une analyse de l’Associated Press souligne que les États-Unis disposent de nombreuses autres sources de production et de fournisseurs d’électricité. Une interruption des exportations canadiennes pourrait surtout provoquer une hausse des prix et des difficultés régionales, plutôt qu’une panne généralisée du réseau électrique américain.

En 2025, le Canada a exporté environ 3,3 milliards de dollars d’électricité vers les États-Unis, tout en important environ 1,4 milliard de dollars d’électricité américaine.

La relation énergétique est donc importante, mais elle est également réciproque.

Des conséquences particulièrement sensibles dans certaines régions

Les effets d’une réduction des exportations canadiennes seraient néanmoins plus importants dans les régions américaines directement connectées aux réseaux canadiens.

Le Michigan, le Minnesota et l’État de New York font partie des zones concernées par les échanges d’électricité avec l’Ontario.

Une interruption ou une diminution brutale des approvisionnements pourrait obliger les opérateurs à trouver rapidement d’autres sources.

Dans certaines circonstances, cela pourrait entraîner une augmentation du coût de l’électricité pour les consommateurs.

C’est précisément cette vulnérabilité régionale que Doug Ford entend exploiter dans son rapport de force avec Washington.

Ford ne peut toutefois pas agir seul

Le Premier ministre ontarien a également reconnu une limite importante à sa menace.

Il ne peut pas décider seul d’une interruption générale des exportations d’électricité canadiennes vers les États-Unis.

« Je ne peux pas le faire seul », a-t-il expliqué, appelant à une approche coordonnée entre les différentes provinces canadiennes qui exportent de l’électricité vers les États-Unis.

Cette précision est importante.

L’électricité est une compétence largement provinciale au Canada, et plusieurs provinces participent aux échanges énergétiques avec les États-Unis.

Une véritable stratégie nationale de représailles nécessiterait donc une coordination politique entre Ottawa et les gouvernements provinciaux concernés.

Une relation économique extrêmement imbriquée

La confrontation actuelle est d’autant plus délicate que les économies canadienne et américaine sont profondément liées.

Le secteur automobile en est l’un des meilleurs exemples.

Des pièces fabriquées au Canada peuvent traverser plusieurs fois la frontière avant qu’un véhicule soit finalement assemblé.

Les usines de l’Ontario sont étroitement intégrées à celles du Michigan et d’autres États américains.

Une guerre commerciale prolongée risque donc de provoquer des conséquences des deux côtés de la frontière.

Doug Ford accuse justement Donald Trump de vouloir attirer la production canadienne vers les États-Unis en affaiblissant les entreprises installées au Canada.

Selon lui, la politique américaine ne viserait plus simplement à obtenir de meilleures conditions commerciales, mais à déplacer progressivement l’activité industrielle canadienne vers le territoire américain.

Ottawa cherche également à riposter

Le gouvernement de Mark Carney n’est pas resté sans réponse.

Après l’échec des dernières négociations avec Washington, Ottawa a annoncé de nouvelles mesures de représailles commerciales.

Le Premier ministre canadien a notamment annoncé que de nouveaux droits de douane sur certaines importations américaines entreront en vigueur à partir du 8 septembre.

Cette réponse s’ajoute aux mesures déjà prises par le Canada dans le cadre du conflit commercial.

Le gouvernement canadien cherche parallèlement à diversifier ses débouchés commerciaux afin de réduire sa dépendance vis-à-vis du marché américain.

Le pétrole et les minerais pourraient également entrer dans le bras de fer

L’électricité n’est pas le seul levier dont dispose le Canada.

Doug Ford a également évoqué les minerais critiques, dont plusieurs sont indispensables aux chaînes industrielles modernes.

Ces matières premières sont utilisées dans les batteries, les véhicules électriques, les équipements électroniques, les technologies avancées et certains systèmes de défense.

Une limitation des exportations canadiennes pourrait donc créer des difficultés pour certaines industries américaines.

Le pétrole constitue également un enjeu majeur.

Le Canada reste extrêmement dépendant du marché américain pour ses exportations énergétiques. Selon Reuters, environ 90 % des exportations canadiennes de pétrole sont actuellement destinées aux États-Unis.

Cette interdépendance rend toutefois toute mesure de rétorsion énergétique délicate pour Ottawa.

Un risque de « guerre commerciale totale »

Les déclarations de Doug Ford témoignent ainsi d’une inquiétude croissante au Canada : celle de voir le conflit commercial se transformer en affrontement économique généralisé.

Les droits de douane peuvent toucher les produits industriels.

Les représailles canadiennes peuvent viser les importations américaines.

L’électricité, les minerais et potentiellement d’autres matières premières pourraient ensuite devenir des instruments de pression.

Une telle escalade pourrait rapidement affecter les entreprises et les consommateurs des deux pays.

Les économistes cités par plusieurs médias mettent déjà en garde contre les conséquences possibles sur les prix, les chaînes d’approvisionnement et l’emploi.

Une menace davantage destinée à faire pression qu’à provoquer une coupure immédiate

Malgré la virulence de ses propos, Doug Ford n’a pas annoncé que l’Ontario allait couper immédiatement l’électricité aux États-Unis.

Il présente plutôt cette possibilité comme une arme de dernier recours, à utiliser si Donald Trump continue d’escalader la confrontation commerciale.

Le dirigeant ontarien veut surtout montrer que le Canada dispose de moyens de pression capables de toucher directement certains intérêts américains.

Cette nuance est essentielle.

Il ne s’agit donc pas, à ce stade, d’une décision de couper le courant à des millions d’Américains, mais d’une menace politique destinée à faire comprendre à Washington que les représailles pourraient s’étendre au secteur énergétique.

Trump répond : « Le Canada doit se mettre au pas »

De son côté, Donald Trump a adopté une position beaucoup plus offensive.

Le président américain a appelé le Canada à « se mettre au pas » alors que les tensions commerciales s’aggravent.

La Maison-Blanche considère que Washington dispose également d’importants moyens de pression sur l’économie canadienne.

Cette confrontation verbale illustre désormais le fossé grandissant entre les deux gouvernements.

Pendant des décennies, le Canada et les États-Unis ont entretenu une relation commerciale particulièrement étroite, fondée sur une forte intégration de leurs économies.

Aujourd’hui, cette proximité devient paradoxalement une source de vulnérabilité pour les deux parties.

Une bataille où chacun peut faire mal à l’autre

Le rapport de force actuel ne se résume donc pas à une simple opposition entre un grand pays et son voisin plus petit.

Les États-Unis disposent d’un marché immense et d’un poids économique considérable.

Le Canada possède quant à lui des ressources naturelles, de l’énergie, des minerais critiques et des chaînes d’approvisionnement indispensables à plusieurs industries américaines.

C’est cette interdépendance que Doug Ford cherche à transformer en levier politique.

« Il ferait mieux d’avoir un paquet de piles », a-t-il lancé en réponse aux menaces de Donald Trump.

Derrière cette formule provocatrice se cache un message beaucoup plus sérieux : si Washington décide d’utiliser le commerce comme une arme contre l’industrie canadienne, Ottawa et les provinces pourraient à leur tour utiliser les ressources dont les États-Unis ont besoin.

Pour l’instant, aucune coupure générale d’électricité n’a été décidée.

Mais dans cette nouvelle phase de la guerre commerciale nord-américaine, l’énergie vient désormais s’ajouter aux droits de douane, aux minerais critiques et aux autres instruments de pression dont disposent les deux voisins.

Et plus les négociations resteront bloquées, plus le risque de voir ces menaces se transformer en mesures concrètes augmentera.

Rédaction DUNIA NEW’S

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