CHRONIQUE : HALTE À LA TRICHERIE
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Dans les salles d’examen comme dans les bureaux de vote, dans les concours comme dans les affaires, la tricherie s’est infiltrée dans les interstices de nos sociétés. Ce n’est plus une faute passagère : c’est devenu un mal chronique. Un mal que toutes les traditions religieuses condamnent avec fermeté, car tricher, c’est mentir, voler, trahir.
UN ACTE DE TROMPERIE CONDAMNÉ PAR TOUS LES LIVRES SAINTS
Dans l’Islam, le Prophète Muhammad (paix sur lui) déclara sans équivoque :
« Celui qui nous trompe n’est pas des nôtres. »
(Rapporté par Muslim, Hadith n°101)
Il plaçait ainsi la tromperie — dont la tricherie fait partie — en rupture avec l’appartenance communautaire et spirituelle. Le Coran condamne aussi clairement ceux qui cherchent à obtenir un avantage injustement :
« Malheur aux fraudeurs, qui, lorsqu’ils prennent la mesure, exigent pleine mesure, et qui, lorsqu’eux-mêmes mesurent ou pèsent pour les autres, causent perte ! »
(Sourate Al-Mutaffifîn, 83:1-3)
Dans la Bible, on retrouve cette même condamnation morale. Le Livre des Proverbes dit :
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« Les balances fausses sont en horreur à l’Éternel, mais un poids juste lui est agréable. »
(Proverbes 11:1, La Bible Segond)
Et Jésus-Christ (paix sur lui) dénonçait les hypocrites avec force :
« Vous êtes comme des tombeaux blanchis : beaux à l’extérieur, mais remplis de pourriture à l’intérieur. »
(Matthieu 23:27)
Une tricherie peut paraître invisible, mais Dieu voit ce que l’œil humain ignore. C’est une insulte à la vérité et un refus de la justice.
Dans le judaïsme, la Torah interdit explicitement la fraude dans l’éducation et dans le commerce :
« Tu n’auras pas dans ta bourse deux poids, un gros et un petit. […] Car quiconque fait ces choses, tout homme qui agit injustement, est en abomination à l’Éternel, ton Dieu. »
(Deutéronome 25:13-16)
UNE TRICHERIE SCOLAIRE QUI DEVIENT UNE TRAGÉDIE SOCIALE
Le problème n’est pas qu’individuel. Un élève qui triche devient demain un médecin dangereux, un juge corrompu, un ingénieur irresponsable, un imam ou un prêtre incompétent. Tricher, c’est empoisonner les fondements de la société.
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Le philosophe chrétien Jacques Maritain disait :
« La tricherie est le commencement de la barbarie. Elle attaque la vérité, et sans vérité il n’y a ni justice ni civilisation. »
(Humanisme intégral, Aubier, 1936, p. 123)
UN ACTE SANS BÉNÉDICTION
Dans la tradition soufie comme dans la mystique chrétienne, le savoir est une lumière. Il ne peut être acquis par la fraude sans perdre toute baraka (bénédiction). Le sage soufi Cheikh al-Alawi avertissait :
« Ce que tu obtiens par mensonge se retournera contre toi. »
(Ruh al-Haqiqa, 1921)
De même, dans le christianisme, Saint Augustin écrivait :
« Ce que tu gagnes en perdant ton âme n’est pas un gain, mais un drame. »
(Confessions, Livre V, 19)
DES SOLUTIONS COMMUNAUTAIRES ET ÉDUCATIVES
Face à ce fléau, les religions, l’école, la famille et l’État doivent travailler ensemble. Il faut :
Éduquer à l’intégrité dès le bas âge ;
Prêcher dans les mosquées, les églises, les synagogues et temples contre la tricherie ;
Encourager les élèves méritants, non seulement les brillants ;
Former des surveillants responsables, engagés, éthiques ;
Faire comprendre que la vraie réussite, c’est celle qui sauve ici-bas et dans l’au-delà.
Comme le rappelait le moine bénédictin Anselm Grün :
« La fidélité dans les petites choses prépare à la grandeur dans les grandes. »
(Sagesse monastique, 2005, p. 78)
CONCLUSION : L’HONNÊTETÉ EST UNE PRIÈRE
Tricher, c’est douter de Dieu. Être honnête, c’est lui faire confiance.
« Que chacun de vous dise la vérité à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres. »
(Éphésiens 4:25)
Tricherie dans l’examen, corruption dans l’entreprise, falsification dans les élections, tout cela est lié. Une société qui laisse grandir la triche, déclare la guerre au mérite, au vrai, au juste.
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Il est temps de choisir un autre chemin : celui de la sincérité, du courage, de la vérité.
Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com













