
Une évasion s’est produite dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 octobre 2026 à la prison centrale de Kangbayi, dans la ville de Beni, au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo. Douze détenus ont réussi à quitter l’établissement pénitentiaire. Selon plusieurs sources, ils auraient utilisé une scie à métaux pour sectionner des dispositifs de sécurité, avant de descendre à l’aide de draps noués. Quatre ressortissants ougandais figurent parmi les fugitifs. Une enquête a été ouverte.
Une nouvelle évasion vient mettre en lumière les difficultés sécuritaires de la prison centrale de Kangbayi, située à Beni, dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 octobre 2026, douze détenus ont réussi à s’échapper de cet établissement pénitentiaire.
L’information a été confirmée par le directeur de la prison, Tsongo Makelele, auprès de plusieurs médias, dont l’Agence congolaise de presse (ACP) et Actualité.cd. Les services de sécurité ont lancé des recherches pour retrouver les fugitifs, tandis qu’une enquête doit permettre de déterminer les circonstances précises de cette évasion.
Une évasion préparée à l’avance
D’après les premières informations relayées par les médias locaux, les détenus auraient préparé leur fuite en exploitant une faille dans les dispositifs de sécurité installés à l’arrière de la prison.
Selon l’ACP, qui cite une source pénitentiaire, les fugitifs seraient passés par les toilettes après avoir sectionné des éléments métalliques à l’aide d’une scie à métaux. Ils auraient ensuite utilisé plusieurs draps noués ensemble pour confectionner une corde et rejoindre l’extérieur.
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Radio Okapi rapporte également l’utilisation de lames de scie et de draps dans le déroulement de l’opération. Ces éléments laissent penser que la fuite aurait été préparée, mais les circonstances exactes, notamment la durée de préparation et les conditions dans lesquelles les outils ont été introduits ou conservés dans la prison, restent à établir par l’enquête.
Quatre ressortissants ougandais parmi les fugitifs
Parmi les douze détenus évadés figurent quatre ressortissants ougandais. Selon des informations relayées par plusieurs médias congolais, ils seraient liés au dossier du braquage de la coopérative de microfinance PAIDEK, survenu à Beni en août 2025.
Les autres fugitifs sont présentés comme des ressortissants congolais. Toutefois, les autorités n’ont pas encore rendu publiques, dans les informations consultées, toutes les identités des personnes concernées ni un bilan détaillé de leur situation judiciaire individuelle.
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La présence de détenus étrangers parmi les fugitifs ajoute une dimension régionale à l’affaire. Elle ne permet cependant pas, à elle seule, de tirer des conclusions sur les risques que chacun pourrait représenter : ceux-ci doivent être appréciés à partir des dossiers judiciaires et des informations communiquées par les autorités compétentes.
Un détenu intercepté, les recherches se poursuivent
Les informations concernant l’interception d’un des fugitifs diffèrent légèrement selon les sources.
Radio Okapi rapporte qu’un évadé a été appréhendé par des jeunes du quartier Kangbayi, avant d’être remis aux forces de l’ordre. D’autres récits locaux indiquent qu’un détenu qui tentait de sortir en dernier aurait été repéré après des bruits inhabituels.
Ces versions ne permettent pas d’établir avec certitude si la personne interceptée faisait partie des douze détenus qui ont effectivement quitté l’établissement ou si elle a été arrêtée au cours de la tentative. Le bilan exact des personnes toujours en fuite doit donc être confirmé par les autorités pénitentiaires.
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Le directeur de la prison a indiqué que les services de sécurité avaient été alertés et que des recherches étaient engagées pour retrouver les fugitifs. Une enquête a également été ouverte afin de comprendre comment les dispositifs de sécurité ont pu être contournés et de déterminer si d’éventuelles défaillances ou complicités ont facilité l’évasion.
La surpopulation carcérale de nouveau pointée du doigt
Cette évasion intervient dans un contexte particulièrement difficile pour la prison centrale de Kangbayi. Selon Radio Okapi, l’établissement, initialement conçu pour accueillir environ 250 détenus, hébergeait 2 286 pensionnaires, dont 89 femmes, au moment des informations publiées le 10 octobre.
Quelques semaines auparavant, le même média rapportait que la société civile de Beni alertait sur les conditions de détention, notamment les difficultés alimentaires et sanitaires, dans une prison qui comptait alors plus de 2 350 pensionnaires. Ces chiffres correspondent à des évaluations publiées à des dates différentes et ne doivent donc pas être considérés comme un décompte simultané. Ils illustrent néanmoins l’ampleur de la surpopulation carcérale dans cet établissement.
La surpopulation peut compliquer la surveillance, la gestion des détenus et l’accès aux services essentiels. Elle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à expliquer cette évasion : les conclusions de l’enquête devront préciser les facteurs ayant permis aux détenus de franchir les dispositifs de sécurité.
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La société civile appelle à la vigilance
À la suite de l’incident, le président de la coordination urbaine de la société civile de Beni, Me Pépin Kavota, a exprimé ses inquiétudes quant aux conséquences possibles de cette évasion pour la sécurité de la population.
Il a appelé les habitants à ne pas héberger les fugitifs et à signaler aux services compétents toute information susceptible de contribuer à leur localisation. Cet appel intervient dans une région confrontée à des défis sécuritaires persistants.
Pour les autorités, l’urgence consiste désormais à retrouver les détenus en fuite, à vérifier leur situation et à établir les responsabilités éventuelles dans les circonstances de leur évasion.
Cette affaire remet également au centre du débat les conditions de sécurité de la prison de Kangbayi et les difficultés auxquelles fait face l’administration pénitentiaire. Les résultats de l’enquête seront déterminants pour comprendre comment une telle opération a pu se produire et quelles mesures pourraient empêcher qu’un incident similaire se reproduise.
Par Gil-christ DJOSSOU pour DUNIA NEW’S















