Côte d’Ivoire : Dix grossesses d’élèves signalées à Bocanda avant un mois de cours

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Côte d’Ivoire : Dix grossesses d’élèves signalées à Bocanda avant un mois de cours

À Bocanda, dans le centre-est de la Côte d’Ivoire, dix cas de grossesses en cours de scolarité ont été enregistrés dans les établissements secondaires de la ville alors que l’année scolaire n’en était qu’à ses premières semaines. L’information a été communiquée lors d’une réunion consacrée à la lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et infantile. Les autorités sanitaires alertent sur les risques pour la santé des adolescentes et les conséquences possibles sur leur parcours scolaire.

La situation suscite des préoccupations à Bocanda, dans la région du N’Zi. Selon une dépêche de l’Agence ivoirienne de presse (AIP) publiée le 10 octobre 2026, les établissements secondaires de la ville ont déjà enregistré dix cas de grossesses d’élèves après moins d’un mois de cours.

Ces chiffres ont été évoqués lors de la troisième session annuelle du comité départemental de lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et infantile, tenue le jeudi 8 octobre dans la salle de réunions de la préfecture de Bocanda. La rencontre a notamment permis d’attirer l’attention sur la précocité des grossesses signalées et sur la nécessité de renforcer la prévention auprès des jeunes.


Des élèves âgées de 12 à 17 ans concernées

D’après le médecin-chef du Service de santé scolaire et universitaire (SSSU), le Dr Konan Augustin, les dix élèves concernées sont âgées de 12 à 17 ans. Elles sont scolarisées dans différentes classes, notamment en sixième, cinquième, quatrième et première.

La présence de cas dès les premières semaines de cours pose la question du suivi sanitaire et de la sensibilisation des adolescentes, mais aussi de l’accompagnement dont elles bénéficient dans leur environnement familial et scolaire.

Les données communiquées par le médecin-chef ne précisent toutefois ni les circonstances dans lesquelles ces grossesses sont survenues ni la période exacte de leur conception. Il serait donc prématuré d’affirmer qu’elles ont toutes débuté après la rentrée scolaire.

Des risques pour la santé des adolescentes

Le Dr Konan Augustin a mis en garde contre les conséquences médicales des grossesses précoces. Chez les adolescentes dont le développement physique n’est pas achevé, une grossesse peut présenter des risques obstétricaux et nécessiter une prise en charge médicale adaptée.

Le médecin a notamment insisté sur l’importance d’un suivi dans une structure de santé qualifiée afin de prévenir les complications susceptibles de mettre en danger la mère et l’enfant.

Au-delà des risques physiques, une grossesse pendant la scolarité peut également bouleverser la vie quotidienne d’une adolescente. Les consultations médicales, les difficultés financières, la pression sociale ou encore le manque de soutien peuvent compliquer la poursuite des études.

Il importe cependant que les élèves concernées bénéficient d’un accompagnement médical, psychologique et scolaire, sans stigmatisation ni exclusion.

Le parcours scolaire également menacé

Les grossesses en cours de scolarité représentent aussi un enjeu éducatif. Selon le médecin-chef du SSSU, elles peuvent entraîner une interruption des études, voire un abandon définitif, compromettant ainsi les perspectives d’avenir des jeunes filles.

Une interruption de la scolarité peut avoir des répercussions durables sur leur autonomie économique et leur insertion professionnelle. Elle peut également affecter leurs familles, qui espèrent souvent que l’éducation permettra à leurs enfants d’accéder à de meilleures conditions de vie.

La prévention ne peut donc se limiter à des messages adressés aux seules élèves. Elle suppose également la participation des parents, des enseignants, des personnels de santé et des responsables communautaires.

Un précédent préoccupant à Bocanda

Les chiffres annoncés en ce début d’année scolaire prennent une dimension particulière lorsqu’ils sont rapprochés du bilan de l’année précédente.

Toujours selon l’AIP, le seul lycée moderne de Bocanda avait enregistré 32 cas de grossesses d’élèves au cours de l’année scolaire 2025-2026.

Cette donnée concerne un établissement précis et ne doit pas être confondue avec un bilan exhaustif de tous les établissements secondaires de la ville. Elle montre néanmoins que la question des grossesses en milieu scolaire était déjà une préoccupation locale avant les nouveaux cas signalés en octobre 2026.

Quelques semaines auparavant, le 14 septembre 2026, l’AIP avait également rapporté une séance de sensibilisation organisée dans l’aire sanitaire de Konan-Lékikro, dans la sous-préfecture de Bocanda. Les interventions portaient alors sur les conséquences des grossesses en cours de scolarité et sur les moyens de prévention.

La communauté éducative appelée à se mobiliser

Face à cette situation, le Dr Konan Augustin a invité l’ensemble de la communauté éducative à s’impliquer davantage dans la sensibilisation des jeunes filles.

Cette mobilisation peut passer par une meilleure information sur la santé sexuelle et reproductive, un dialogue plus ouvert entre parents et enfants, ainsi qu’un accès adapté aux services de santé. Elle doit aussi permettre aux adolescentes confrontées à une grossesse de connaître leurs droits et les possibilités d’accompagnement disponibles.

La responsabilité de la prévention ne saurait toutefois reposer uniquement sur les jeunes filles. Elle implique également de lutter contre les violences et les abus sexuels, de protéger les mineures et de veiller à ce que toute situation préoccupante puisse être signalée et prise en charge par les services compétents.

Un défi qui dépasse la seule ville de Bocanda

La situation de Bocanda s’inscrit dans un enjeu national. Selon les chiffres présentés par le ministère ivoirien de l’Éducation nationale en juillet 2025, le nombre de grossesses en cours de scolarité recensées dans le pays était passé de 6 681 en 2022-2023 à 4 266 en 2024-2025, soit une baisse annoncée de 36,5 %.

Cette évolution nationale encourageante ne signifie cependant pas que le phénomène a disparu. Les cas signalés à Bocanda rappellent que la prévention doit se poursuivre dans les établissements, avec une attention particulière aux élèves les plus jeunes et aux situations de vulnérabilité.

L’objectif reste de protéger la santé des adolescentes, de prévenir les grossesses non désirées et de favoriser la poursuite de leur éducation.

À Bocanda, les dix cas signalés en ce début d’année scolaire constituent ainsi un avertissement pour les acteurs locaux. La réponse ne pourra être durable qu’à travers une action coordonnée entre les services de santé, les établissements scolaires, les familles et les autorités, afin que chaque élève puisse poursuivre sa scolarité dans un environnement sûr et favorable à son développement.

Rédaction DUNIA NEW’S

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