Pyongyang – La Corée du Nord entend renforcer davantage son appareil de renseignement et ses capacités militaires. Lors de la première réunion élargie de la 9ᵉ Commission militaire centrale du Parti des travailleurs, tenue le 9 juillet à Pyongyang, Kim Jong-un a supervisé l’adoption de mesures destinées à accroître les capacités de renseignement du pays.

Selon les médias officiels nord-coréens, la réunion a notamment appelé à élargir les fonctions et les missions du Bureau général de reconnaissance et de renseignement, présenté comme un organe essentiel pour surveiller les menaces potentielles et recueillir des informations stratégiques. La structure doit également renforcer ses capacités de reconnaissance et de collecte de renseignements.
D’après l’agence sud-coréenne Yonhap, la décision intervient alors que Pyongyang cherche à moderniser l’ensemble de ses forces armées. La réunion a également porté sur la modernisation des systèmes de combat, le renforcement des capacités nucléaires et la mise à niveau des infrastructures militaires.
La décision de renforcer le rôle du renseignement militaire est particulièrement surveillée par Séoul et les pays occidentaux, qui considèrent les services nord-coréens comme un outil central de collecte d’informations et d’opérations clandestines contre des cibles étrangères.
Même si le communiqué officiel ne détaille pas publiquement un programme spécifique destiné aux hackers nord-coréens, la Corée du Nord est depuis plusieurs années accusée par plusieurs gouvernements et experts en cybersécurité de mener des opérations de cyberespionnage et de cybercriminalité.
Des groupes liés à Pyongyang sont notamment accusés d’avoir ciblé des institutions gouvernementales, des entreprises technologiques, des banques et des plateformes de cryptomonnaies. Les autorités américaines et plusieurs organismes internationaux estiment que les revenus issus de certaines opérations cybercriminelles peuvent contribuer au financement des programmes d’armement nord-coréens.
Les opérations attribuées à la Corée du Nord ont notamment inclus le vol de données sensibles, l’espionnage industriel et le détournement d’actifs numériques. Des experts ont également établi un lien entre certaines campagnes de cybercriminalité et le financement des programmes nucléaires et balistiques de Pyongyang.
Le renforcement du renseignement s’inscrit dans une stratégie plus vaste de modernisation militaire. Selon Reuters, la réunion de la Commission militaire centrale a également approuvé des mesures visant à renforcer les forces nucléaires nord-coréennes « quantitativement et qualitativement », tout en modernisant les infrastructures et les systèmes de combat.
Pour les observateurs, cette évolution montre que Pyongyang cherche à développer simultanément plusieurs leviers de puissance : capacités nucléaires, renseignement militaire, technologies avancées et opérations clandestines.
La montée en puissance des capacités de renseignement nord-coréennes inquiète particulièrement les pays occidentaux et la Corée du Sud. Contrairement aux opérations militaires conventionnelles, les cyberattaques peuvent être menées à distance et viser des infrastructures situées à des milliers de kilomètres de la péninsule coréenne.
Le renforcement annoncé par Kim Jong-un pourrait ainsi accroître les capacités de Pyongyang à recueillir des informations sensibles, à surveiller ses adversaires et à mener des opérations clandestines dans le cyberespace.
À ce stade, les autorités nord-coréennes n’ont pas publiquement détaillé les moyens supplémentaires qui seront accordés à leurs unités cyber ni annoncé un plan spécifique visant à intensifier les vols de cryptomonnaies. Mais l’élargissement du rôle confié à l’appareil de renseignement confirme la volonté de Pyongyang de renforcer ses capacités dans un domaine considéré comme stratégique dans les conflits modernes.
Rédaction DUNIA NEW’S















