
Le Sénégal a exprimé jeudi sa « profonde préoccupation » après les sanctions américaines visant le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye, substitut du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), et lui a apporté sa « pleine solidarité ».
Les Etats-Unis ont annoncé mardi des sanctions contre la présidente de la CPI, la Japonaise Tomoko Akane, et Abdoulaye Seye.
Dakar défend l’indépendance de la justice
Dans un communiqué, le ministère sénégalais des Affaires étrangères estime que toute mesure susceptible d’entraver l’indépendance ou l’exercice des fonctions des magistrats de la CPI risque de « fragiliser l’intégrité et le bon fonctionnement de la justice pénale internationale ». Le gouvernement sénégalais a également exprimé sa solidarité à Abdoulaye Seye ainsi qu’aux autres responsables et personnels de la CPI visés par les sanctions américaines. Pour Dakar, l’exercice indépendant de fonctions judiciaires au sein d’une juridiction internationale ne doit pas donner lieu à des pressions susceptibles d’affecter son mandat.
Washington accentue sa pression sur la CPI
Les Etats-Unis ont annoncé mardi des sanctions contre la présidente de la CPI, la Japonaise Tomoko Akane, et Abdoulaye Seye. Elles prévoient notamment des restrictions d’entrée aux Etats-Unis ainsi que le gel de certaines transactions financières et immobilières. Washington, qui n’est pas partie au traité fondateur de la CPI, accuse régulièrement la Cour d’être « politisée ». Ces sanctions s’inscrivent notamment dans le contexte des enquêtes de la CPI sur Israël, allié des Etats-Unis. La Cour avait délivré en 2024 un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans le cadre de la guerre à Gaza.
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La CPI dénonce une « attaque » contre la justice
La CPI a dénoncé les nouvelles mesures américaines, estimant qu’elles « sapent l’Etat de droit » et constituent une « attaque flagrante contre l’indépendance » d’une institution judiciaire impartiale. Fondée en 1998 et entrée en fonctions en 2002, la CPI, basée à La Haye, est chargée de juger les personnes accusées notamment de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.
Patrice Assiongbon SOWANOU















