
Alors que le projet de centre de quarantaine au Kenya est suspendu par la justice, Washington maintient sa ligne dure : aucun patient exposé au virus Ebola ne sera admis aux États-Unis.
La stratégie américaine face à l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement certaines régions d’Afrique suscite de plus en plus de débats à l’international. Alors que la justice kényane a temporairement suspendu le projet d’installation d’un centre de quarantaine destiné aux citoyens américains exposés au virus, l’administration de Donald Trump continue d’afficher une position inflexible : empêcher à tout prix l’entrée de cas Ebola sur le territoire américain.
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Cette politique a été réaffirmée publiquement par le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
« Nous ne pouvons pas et nous ne permettrons pas que des cas d’Ebola entrent aux États-Unis », a-t-il déclaré lors d’une réunion gouvernementale consacrée à la gestion de la crise sanitaire.
Depuis plusieurs jours, Washington travaillait à la mise en place d’une structure médicale spécialisée sur la base aérienne de Laikipia, au Kenya. L’installation devait accueillir des citoyens américains exposés au virus Ebola lors de missions humanitaires ou professionnelles en Afrique centrale.
Le centre devait disposer d’une capacité d’environ cinquante lits et être financé en partie par une enveloppe américaine de 13,5 millions de dollars destinée à renforcer les capacités sanitaires du Kenya.
Mais l’initiative a provoqué une vive contestation dans le pays. Des organisations de la société civile, des syndicats médicaux et plusieurs juristes ont dénoncé un projet jugé opaque et potentiellement dangereux pour la santé publique kényane.
Saisie en urgence, la Haute Cour du Kenya a ordonné la suspension temporaire du dispositif et interdit, pour le moment, l’accueil de personnes exposées ou infectées dans le cadre de cet accord.
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Selon plusieurs médias internationaux, certains citoyens américains exposés au virus en Afrique ont déjà été évacués vers l’Europe, notamment vers l’Allemagne, afin d’y être placés sous surveillance médicale ou pris en charge dans des structures spécialisées.
Cette approche traduit un changement notable par rapport à la gestion de précédentes crises sanitaires. Lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, plusieurs citoyens américains contaminés avaient été soignés directement aux États-Unis dans des centres hautement sécurisés.
Cette fois, l’administration Trump privilégie une politique de confinement extérieur afin d’éviter tout risque d’introduction du virus sur le territoire national.
La position américaine suscite des critiques dans certains milieux médicaux et humanitaires.
Des spécialistes de santé publique estiment que les États-Unis disposent pourtant des infrastructures les plus avancées au monde pour traiter ce type de pathologies hautement contagieuses. Plusieurs experts craignent également que cette stratégie n’encourage certains travailleurs humanitaires à hésiter avant de participer aux opérations de lutte contre l’épidémie.
D’autres observateurs considèrent au contraire que Washington cherche avant tout à prévenir tout risque sanitaire dans un contexte où l’épidémie actuelle d’Ebola provoque une forte inquiétude internationale.
L’affaire dépasse désormais le simple cadre médical. Au Kenya, plusieurs voix dénoncent ce qu’elles perçoivent comme une externalisation des risques sanitaires vers des pays africains. Certains syndicats ont même évoqué la possibilité de mouvements de protestation si le projet américain venait à être relancé.
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La prochaine audience devant la justice kényane doit permettre de déterminer si le programme pourra reprendre sous une forme modifiée ou s’il sera définitivement abandonné.
En attendant, la position de Washington reste inchangée : les autorités américaines veulent empêcher toute entrée de cas Ebola sur leur territoire, quitte à s’appuyer sur des structures installées à l’étranger ou sur des partenariats avec des pays tiers pour la prise en charge de leurs ressortissants exposés au virus.
Rédaction DUNIA NEW’S.















