
La Haute Cour kényane suspend l’installation d’une structure de 50 lits à Laikipia, malgré une enveloppe américaine de 13,5 millions de dollars destinée à la préparation sanitaire du pays.
Le Kenya se retrouve au cœur d’une controverse internationale après la décision de sa Haute Cour de suspendre un projet soutenu par les États-Unis visant à installer un centre de quarantaine Ebola sur la base aérienne de Laikipia.
Selon les documents examinés par la justice, l’infrastructure devait accueillir des citoyens américains exposés au virus Ebola dans les zones touchées par l’épidémie qui sévit actuellement en Afrique centrale. Washington avait annoncé un financement de 13,5 millions de dollars pour renforcer la préparation du Kenya face à une éventuelle propagation de la maladie.
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Mais la décision a rapidement suscité une vive opposition au sein de la société civile, des syndicats médicaux et d’une partie de l’opinion publique kényane.
Saisie par l’organisation de défense des droits constitutionnels Katiba Institute, la Haute Cour a ordonné la suspension immédiate du projet dans l’attente d’un examen approfondi du dossier. Le tribunal a également interdit temporairement l’entrée sur le territoire kényan de personnes concernées par ce dispositif.
Les requérants estiment que l’accord aurait été négocié sans consultation publique suffisante et soulèvent des interrogations sur les conséquences sanitaires et juridiques d’une telle installation.
Pourquoi Washington voulait-il cette structure ?
L’administration américaine cherchait à disposer d’un site spécialisé pour isoler et surveiller les citoyens américains exposés au virus Ebola lors de missions en Afrique, sans les transférer immédiatement sur le territoire des États-Unis. La structure prévue à Laikipia devait compter une cinquantaine de lits et être exploitée avec du personnel américain.
Les autorités américaines soutiennent que cette approche permettrait une prise en charge rapide des personnes concernées tout en limitant les risques d’introduction du virus sur le territoire américain.
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L’annonce du projet a provoqué de nombreuses réactions. Des syndicats de médecins ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un risque inutile pour le pays, tandis que plusieurs responsables de la société civile ont accusé le gouvernement de manque de transparence. Certains opposants ont même qualifié le projet de « colonie de confinement », estimant que le Kenya ne devait pas devenir un centre d’accueil pour des patients étrangers exposés à Ebola.
Cette polémique intervient alors qu’aucun cas d’Ebola n’a été officiellement signalé au Kenya à ce jour, même si les autorités sanitaires surveillent attentivement l’évolution de l’épidémie dans la région.
Contrairement à certaines affirmations relayées sur les réseaux sociaux, le gouvernement kényan n’a pas officiellement annoncé l’abandon définitif du projet. Pour l’instant, il s’agit d’une suspension ordonnée par la justice en attendant de nouvelles audiences. Les États-Unis ont d’ailleurs indiqué poursuivre leurs discussions avec Nairobi afin de répondre aux préoccupations soulevées.
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L’affaire dépasse désormais la seule question sanitaire. Elle soulève également des débats sur la souveraineté nationale, la transparence des accords internationaux et la gestion des crises sanitaires mondiales.
Dans l’attente de la prochaine décision judiciaire, le projet américain demeure gelé, tandis que les autorités kényanes et américaines tentent de trouver une issue à un dossier devenu hautement sensible.
Rédaction DUNIA NEW’S.















