Le pays organise ce 1er juin sa 7e élection générale dans un climat marqué par les défis sécuritaires, les tensions politiques et les espoirs de stabilisation.
L’Éthiopie organise ce lundi 1er juin 2026 sa 7e élection générale depuis l’adoption de sa Constitution fédérale. Ce scrutin, particulièrement attendu, est le premier organisé depuis la fin de la guerre du Tigré, un conflit qui a profondément marqué le pays et attiré l’attention de la communauté internationale.

Les électeurs sont appelés à désigner les 547 membres de la Chambre des représentants du peuple, la chambre basse du Parlement éthiopien. Le parti ou la coalition qui obtiendra la majorité parlementaire sera chargé de former le prochain gouvernement et de désigner le Premier ministre.
Cette élection constitue un test politique majeur pour le Premier ministre Abiy Ahmed et son parti, le Prosperity Party.
Au pouvoir depuis 2018, Abiy Ahmed avait initialement suscité un vaste espoir de réformes politiques avant que le pays ne soit confronté à plusieurs crises sécuritaires, notamment la guerre du Tigré entre 2020 et 2022, ainsi qu’à des violences persistantes dans certaines régions comme l’Oromia et l’Amhara.
Selon plusieurs analystes et observateurs, le parti au pouvoir reste largement favori pour conserver sa domination parlementaire, comme lors des précédentes élections de 2021 où il avait remporté une très large majorité des sièges.
Les autorités électorales annoncent une participation potentiellement record avec plus de 50 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales, dans un pays qui compte plus de 130 millions d’habitants.
Selon les chiffres publiés par la Commission électorale nationale, plusieurs dizaines de partis politiques et des milliers de candidats participent à cette consultation, faisant de ce scrutin l’un des plus vastes de l’histoire politique récente du pays.
Malgré l’organisation du vote, le contexte reste marqué par d’importants défis sécuritaires.
Des régions entières demeurent affectées par des violences armées ou des tensions politiques, ce qui empêche parfois la tenue normale du scrutin dans certaines localités. Plusieurs observateurs soulignent notamment que certaines zones du Tigré, de l’Amhara et de l’Oromia continuent de faire face à une situation sécuritaire fragile.
Des organisations de défense des droits humains ont également exprimé leurs préoccupations concernant les libertés politiques, les conditions de campagne électorale et la sécurité des journalistes et des acteurs de la société civile.
Pour de nombreux Éthiopiens, cette élection dépasse largement la simple désignation de représentants parlementaires.
Après plusieurs années marquées par les conflits, les crises humanitaires et les tensions ethniques, le scrutin est perçu comme une étape importante dans la reconstruction politique du pays et dans les efforts de réconciliation nationale.
Toutefois, plusieurs experts estiment que la crédibilité du processus électoral sera observée de près, notamment au regard des questions liées à la sécurité, à la participation des oppositions et à l’inclusivité du vote.
Alors que les bureaux de vote ont ouvert leurs portes ce lundi matin sous haute surveillance dans plusieurs grandes villes, les résultats définitifs devraient permettre de dessiner l’avenir politique de la deuxième nation la plus peuplée d’Afrique pour les cinq prochaines années.
Rédaction DUNIA NEW’S.















