GUERRE EN UKRAINE : LA RUSSIE LANCE LA PRODUCTION EN SÉRIE D’UN SYSTÈME PRÉSENTÉ COMME CAPABLE DE BROUILLER STARLINK

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GUERRE EN UKRAINE : LA RUSSIE LANCE LA PRODUCTION EN SÉRIE D’UN SYSTÈME PRÉSENTÉ COMME CAPABLE DE BROUILLER STARLINK

MOSCOU/KYIV — La guerre électronique prend une nouvelle dimension dans le conflit russo-ukrainien. La Russie annonce avoir lancé la production en série du Volna Kupol Garant, un système présenté comme destiné à perturber les communications du réseau satellitaire Starlink, largement utilisé par les forces ukrainiennes.

L’annonce a été rapportée le 28 août 2026 par l’agence de presse russe TASS, qui cite une source de l’industrie de défense russe. Selon cette source, le système aurait déjà démontré son efficacité et serait désormais produit en plus grande quantité afin d’être déployé à une échelle plus importante.

Cette annonce intervient alors que Starlink occupe une place devenue stratégique dans les communications militaires ukrainiennes, notamment pour le fonctionnement de certains drones, la transmission de données et la coordination des opérations.

Un système conçu pour s’attaquer à Starlink

Le Volna Kupol Garant se distingue des systèmes classiques de brouillage électronique.

Selon les informations communiquées par les autorités et sources russes, mais également les éléments techniques rapportés par des responsables ukrainiens, le dispositif ne chercherait pas uniquement à perturber les terminaux Starlink installés au sol.

Son principe revendiqué consiste à émettre depuis le sol des signaux radio puissants et fortement directionnels vers les satellites Starlink, afin de perturber leur capacité à communiquer avec les terminaux situés dans la zone ciblée.

Serhii « Flash » Beskrestnov, conseiller ukrainien dans le domaine des technologies militaires, avait déjà décrit ce fonctionnement en juin 2026. Selon lui, le système utilise plusieurs antennes orientées vers les satellites et peut générer des interférences sur les fréquences utilisées par Starlink.

Cette architecture est particulièrement intéressante dans la mesure où elle cherche à agir sur le maillon spatial du réseau plutôt que simplement sur l’équipement de l’utilisateur.

Une zone de brouillage annoncée de 20 km²

L’une des caractéristiques les plus souvent citées concerne sa portée.

Selon des informations communiquées par des responsables ukrainiens et rapportées par Reuters, un système Volna Kupol Garant pourrait perturber Starlink sur une superficie allant jusqu’à environ 20 kilomètres carrés.

Reuters rapportait en juillet que des militaires ukrainiens avaient identifié plusieurs de ces systèmes et que certains avaient déjà été pris pour cible.

Il faut toutefois rester prudent sur cette donnée : les 20 km² correspondent à une capacité annoncée ou rapportée, et non à une performance garantie dans toutes les conditions.

L’efficacité réelle d’un système de guerre électronique dépend notamment de la puissance d’émission, de la position des antennes, de la configuration du terrain, de la trajectoire des satellites et des contre-mesures mises en œuvre par l’adversaire.

Une arme contre les drones ukrainiens

L’intérêt militaire du dispositif est directement lié à l’utilisation massive de Starlink par l’Ukraine.

Depuis le début de la guerre, le réseau satellitaire exploité par SpaceX est devenu un élément important des communications ukrainiennes.

Dans certaines opérations, les drones à longue portée utilisent des liaisons satellitaires afin que leurs opérateurs puissent transmettre des commandes et recevoir des informations à grande distance.

Reuters rapportait ainsi en juillet que les forces russes cherchaient notamment à perturber les communications Starlink utilisées par des drones ukrainiens capables de frapper des infrastructures logistiques situées loin derrière la ligne de front.

Les cibles concernées peuvent notamment inclure des dépôts de carburant, des centres de commandement, des systèmes de défense aérienne et des infrastructures logistiques.

Pour Moscou, neutraliser temporairement la connexion Starlink dans une zone donnée pourrait donc compliquer considérablement l’utilisation de ces drones.

Des systèmes russes déjà repérés sur le terrain

L’annonce de la production en série ne signifie pas que le Volna Kupol Garant vient d’être découvert.

Des responsables ukrainiens avaient déjà signalé son utilisation.

En juin, le conseiller ukrainien Serhii Beskrestnov indiquait que les forces ukrainiennes avaient identifié l’emploi de ce système russe contre les communications Starlink.

Selon lui, les forces russes expérimentaient depuis plusieurs années différentes méthodes pour perturber le réseau satellitaire, mais l’utilisation du Volna Kupol Garant aurait repris de manière plus visible en 2026.

En juillet, Reuters rapportait également que les forces ukrainiennes avaient identifié environ dix systèmes de ce type et avaient commencé à les rechercher et à les frapper avec des drones.

Cette information montre que la confrontation autour de Starlink n’est plus uniquement théorique.

Moscou affirme avoir obtenu des résultats

La Russie présente désormais le Volna Kupol Garant comme un succès de son industrie de guerre électronique.

La source de l’industrie de défense citée par TASS affirme que le système a démontré son efficacité et que son passage à la production en série doit permettre d’augmenter considérablement le nombre d’unités disponibles.

La même source affirme que la Russie serait désormais capable de « bloquer » Starlink là où cela est nécessaire.

Ces déclarations doivent cependant être attribuées à leur source.

Aucune donnée indépendante ne permet actuellement de confirmer que la Russie peut neutraliser durablement Starlink sur de vastes territoires ou affecter le fonctionnement global de la constellation.

TASS rapporte ici la position d’une source de l’industrie de défense russe, et non les résultats d’une évaluation indépendante.

Starlink adapte également ses défenses

Le développement du brouillage russe intervient dans une véritable course technologique.

Starlink est conçu pour fonctionner dans des environnements où les interférences peuvent être importantes et SpaceX dispose de moyens permettant d’adapter régulièrement son réseau.

Les forces ukrainiennes, de leur côté, cherchent également à identifier et détruire les équipements russes de guerre électronique lorsqu’ils sont localisés.

Reuters rapportait notamment que plusieurs systèmes russes destinés à perturber Starlink avaient été pris pour cible par des drones ukrainiens.

La confrontation ne se limite donc pas à une bataille entre un brouilleur et un réseau satellitaire.

Elle oppose également les capacités russes de détection et de brouillage aux moyens ukrainiens de reconnaissance, de frappe et d’adaptation des communications.

Une bataille dans l’espace… depuis le sol

Le cas du Volna Kupol Garant illustre une évolution importante de la guerre moderne.

Il n’est pas nécessaire de détruire un satellite pour chercher à le rendre temporairement inutilisable dans une zone donnée.

Un système installé au sol peut tenter de perturber les communications entre le satellite et les utilisateurs en envoyant des interférences vers les fréquences utilisées par le réseau.

Cette approche permet de mener une forme de guerre électronique contre une infrastructure spatiale sans nécessairement attaquer physiquement les satellites.

C’est précisément ce qui rend le développement de systèmes comme le Volna Kupol Garant particulièrement important pour les stratèges militaires.

Une capacité qui reste à mesurer

Malgré les annonces russes, plusieurs questions demeurent.

La première concerne l’efficacité réelle du système contre une constellation aussi vaste que Starlink.

La deuxième concerne sa capacité à maintenir une perturbation suffisamment longue pour avoir un véritable impact opérationnel.

La troisième porte sur sa vulnérabilité : un équipement terrestre aussi spécialisé peut lui-même devenir une cible prioritaire une fois repéré.

Des experts interrogés par Inside GNSS ont notamment souligné que les caractéristiques annoncées du système permettent d’envisager un brouillage localisé, mais que son efficacité contre l’ensemble d’une constellation de milliers de satellites constitue une question beaucoup plus complexe.

Autrement dit, perturber Starlink dans une zone limitée n’est pas la même chose que neutraliser Starlink à l’échelle d’un pays ou du théâtre d’opérations entier.

Un enjeu stratégique pour l’Ukraine

Pour Kyiv, l’enjeu est considérable.

Les communications satellitaires ont joué un rôle important dans la capacité de l’armée ukrainienne à maintenir ses communications malgré les destructions d’infrastructures terrestres.

Elles permettent également à certaines unités de rester connectées dans des zones où les réseaux classiques sont difficiles à utiliser.

Une multiplication des zones de brouillage pourrait donc obliger les forces ukrainiennes à diversifier davantage leurs moyens de communication et à développer de nouvelles solutions pour leurs drones.

Le passage du Volna Kupol Garant à la production en série constitue ainsi un signal que Moscou cherche à industrialiser cette capacité plutôt qu’à la limiter à quelques équipements expérimentaux.

Une nouvelle étape dans la guerre électronique

La guerre en Ukraine est déjà considérée comme l’un des principaux laboratoires mondiaux de la guerre des drones et de la guerre électronique.

Les deux camps cherchent constamment à brouiller les communications, perturber les systèmes de navigation, détecter les émissions adverses et développer des contre-mesures.

Le Volna Kupol Garant s’inscrit pleinement dans cette évolution.

Pour la Russie, l’objectif est désormais de transformer une capacité expérimentée sur le champ de bataille en système produit en série.

Pour l’Ukraine, le défi sera de maintenir ses communications et ses capacités de drones malgré la multiplication des moyens russes de brouillage.

Une bataille technologique appelée à s’intensifier

La Russie affirme avoir franchi une nouvelle étape avec la production en série du Volna Kupol Garant.

Le système est présenté comme capable de perturber Starlink sur une zone pouvant atteindre 20 km² par unité, et son emploi contre les communications satellitaires ukrainiennes a déjà été rapporté par plusieurs sources.

Mais il convient de distinguer les capacités revendiquées par Moscou et les performances indépendamment vérifiées.

Une chose est néanmoins certaine : la bataille autour de Starlink est devenue un enjeu militaire majeur.

Alors que les drones jouent un rôle croissant sur le champ de bataille ukrainien, contrôler les communications pourrait être presque aussi important que contrôler le ciel.

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