Guinée : l’ex-magistrat Algassimou Diallo transféré dans une prison éloignée de Conakry

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Guinée : l’ex-magistrat Algassimou Diallo transféré dans une prison éloignée de Conakry

L’ex-magistrat guinéen Algassimou Diallo, récemment révoqué et détenu près de Conakry, a été transféré dans une prison située à quelque 700 kilomètres de la capitale, a annoncé dimanche l’administration pénitentiaire. Ses avocats dénoncent une mesure qu’ils jugent injustifiée.

Transféré à 700 kilomètres de Conakry

Algassimou Diallo a été transféré samedi à la maison d’arrêt et de correction de Macenta, dans le sud-est de la Guinée, a indiqué la Direction nationale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion. Il était jusque-là détenu à la prison de Coyah, près de Conakry. Son procès devant la Cour suprême, ouvert vendredi, a été renvoyé à mardi.

L’ex-magistrat est poursuivi notamment pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence pour discrimination » et « association de malfaiteurs ». Il est accusé d’avoir échangé des messages avec l’ancien Premier ministre et opposant Cellou Dalein Diallo, en exil à l’étranger, jugés hostiles au pouvoir.

Les avocats exigent des explications

La défense avait fait part samedi de son inquiétude après avoir constaté que son client ne se trouvait plus dans sa cellule et demandé aux autorités d’indiquer son lieu de détention. Dans un communiqué publié dimanche, les avocats estiment que le motif administratif avancé par les autorités « ne saurait justifier une telle mesure ». Ils demandent également que « la preuve de la détention de M. Diallo à la maison d’arrêt de Macenta soit rapportée sans délai ».

Une figure du procès du 28 Septembre

Algassimou Diallo s’était fait connaître en 2025 comme chef du parquet lors du procès du massacre du 28 septembre 2009 à Conakry. Plusieurs hauts responsables militaires avaient alors été condamnés pour leur responsabilité dans cette tuerie, qui avait fait au moins 156 morts lors d’un rassemblement de l’opposition.

Depuis l’arrivée au pouvoir du général Mamadi Doumbouya en 2021, les autorités guinéennes sont régulièrement accusées de réprimer les voix dissidentes et de restreindre l’espace politique.

Patrice Assiongbon SOWANOU

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