Les autorités italiennes ont annoncé le démantèlement d’un réseau de trafic de migrants reliant l’Algérie à la Sardaigne, avec une ramification jusqu’à Marseille. Huit ressortissants algériens ont été placés en détention provisoire.

Huit ressortissants algériens, dont le chef présumé de l’organisation et trois passeurs, ont été arrêtés dans le cadre de cette opération baptisée « Phantom »
La police italienne a annoncé, jeudi 6 août, avoir démantelé un réseau d’immigration clandestine opérant entre l’Algérie, la Sardaigne et la France. Huit ressortissants algériens, dont le chef présumé de l’organisation et trois passeurs, ont été arrêtés dans le cadre de cette opération baptisée « Phantom ».
Selon les enquêteurs, le réseau organisait des traversées clandestines depuis El Kala, dans le nord-est de l’Algérie, vers les côtes du sud de la Sardaigne. L’enquête, menée depuis février par la police et la division antimafia de Cagliari, a permis d’identifier au moins cinq traversées, ayant transporté entre 50 et 60 migrants, principalement des Algériens, mais aussi quelques Tunisiens.
Une organisation implantée jusqu’à Marseille
D’après les autorités italiennes, le chef présumé du réseau, un demandeur d’asile algérien installé près de Cagliari, coordonnait le recrutement des migrants, la collecte des fonds et l’organisation des départs. Il est également soupçonné d’avoir mis en place un système de corruption afin de faciliter certaines traversées.
L’organisation disposait d’une structure répartie entre plusieurs pays : les départs étaient préparés en Algérie, l’accueil et la fabrication de faux documents étaient assurés en Sardaigne, tandis qu’un des principaux financeurs opérait dans la région de Marseille. Les enquêteurs affirment que le réseau envisageait également d’ouvrir une nouvelle route maritime entre l’île tunisienne de La Galite et la Sardaigne, grâce à des embarcations rapides. Chaque migrant aurait payé environ 2 500 euros pour rejoindre le territoire italien.
Cette affaire illustre une nouvelle fois l’adaptation constante des réseaux de trafic d’êtres humains sur les routes migratoires de la Méditerranée.
Patrice Assiongbon SOWANOU















