
Une image publiée sur les réseaux sociaux peut parfois en dire long sur l’évolution de nos façons de communiquer. Celle-ci, en particulier, interpelle par le détournement d’un symbole habituellement associé au deuil.
Depuis quelque temps, les réseaux sociaux voient apparaître un phénomène pour le moins surprenant : des codes traditionnellement associés aux faire-part mortuaires sont désormais détournés pour parler d’amour, de rupture, de fatigue sentimentale, de promotion commerciale ou simplement pour faire rire.
Sur cette image, le message est sans ambiguïté :
« Je ne suis pas morte, je suis fatiguée des garçons. »
Une formule qui fera sourire certains, réagir d’autres, et qui témoigne surtout d’une nouvelle manière de communiquer sur les réseaux sociaux.
Mais derrière l’humour, une question mérite d’être posée : jusqu’où peut-on détourner les symboles du deuil sans finir par banaliser ce qu’ils représentent ?
La colombe, les fleurs blanches, le ciel, les portes du paradis, les couleurs du recueillement… Autant de signes qui, dans nos sociétés, ont longtemps accompagné le décès d’un proche et marqué un moment de douleur, de respect et de séparation.
Aujourd’hui, ces mêmes codes deviennent parfois un simple langage visuel.
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Une rupture peut prendre l’apparence d’un décès.
Une déception amoureuse devient un « avis de décès sentimental ».
Une publicité peut reprendre l’esthétique d’un faire-part.
Et la mort elle-même devient parfois un ressort humoristique.
Faut-il y voir une simple évolution des codes sociaux ?
Ou sommes-nous en train d’assister à une transformation plus profonde de notre rapport à la mort, au deuil et au sacré ?
Il ne s’agit pas ici de condamner, ni de faire la morale. L’humour a toujours accompagné les sociétés humaines, y compris dans leurs moments les plus difficiles.
Mais lorsque les symboles du deuil deviennent des éléments de décor ordinaires, une question demeure : que restera-t-il de leur charge émotionnelle et symbolique lorsqu’ils seront totalement banalisés ?
Peut-être que les générations changent et que les codes évoluent.
Peut-être aussi que nous sommes simplement en train de créer de nouveaux langages pour exprimer nos émotions.
Une chose est certaine : sur les réseaux sociaux, même les codes du deuil n’échappent plus à la créativité.
Et vous, comment percevez-vous cette nouvelle manière de détourner les codes du deuil ?
Dunia News — la voix de ceux qu’on n’entend pas.
Rédaction : Tossoukpe Frédéric Herman















