
L’affaire des présumées irrégularités ayant entaché les élections législatives dans la circonscription de Tanger-Assilah prend une nouvelle tournure. Le maire de Tanger, Mounir Limouri, membre du Parti Authenticité et Modernité (PAM), a été interpellé à son retour d’Espagne puis placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte sur des soupçons de fraude électorale.
Interpellé à son arrivée de Malaga
Selon plusieurs médias marocains et une source judiciaire citée par l’AFP, Mounir Limouri a été interpellé lundi 28 septembre à l’aéroport Tanger-Ibn Battouta dès son arrivée d’un vol en provenance de Malaga, en Espagne. Il a ensuite été conduit à la préfecture de police de Tanger pour être entendu par les enquêteurs.
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Après plusieurs heures d’audition, le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Tanger a ordonné son placement en garde à vue dans le cadre des investigations en cours.
L’élu, qui dirige la ville de Tanger depuis 2021, affirme pour sa part que son déplacement en Espagne était lié à des raisons professionnelles et nie toute implication dans les faits faisant l’objet de l’enquête.
Une affaire née le jour du scrutin
L’enquête remonte au scrutin législatif du 23 septembre. Selon les autorités judiciaires, un individu avait été interpellé dans l’enceinte de l’école Al Qods, dans le quartier de Casabarata à Tanger, alors qu’il était en possession de documents électoraux suspects.
Les investigations ont porté sur la découverte de bulletins de vote présumés préremplis ainsi que sur d’éventuelles manipulations dans au moins deux bureaux de vote de la ville. Des médias marocains évoquent plusieurs centaines de bulletins qui auraient été préparés en faveur du PAM, des allégations qui restent au cœur de l’enquête judiciaire.
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Cinq autres personnes déjà poursuivies
Avant l’interpellation du maire, cinq autres personnes avaient déjà été inquiétées dans cette affaire. Parmi elles figurent notamment les présidents de deux bureaux de vote ainsi que leurs suppléants. Certaines ont été placées en détention provisoire sur décision de la justice.
Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer les responsabilités de chacun et à établir si les irrégularités constatées relèvent d’initiatives isolées ou d’un dispositif plus organisé.
Une affaire sensible pour le PAM
Cette procédure intervient dans un contexte politique particulier. Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) est sorti vainqueur des élections législatives du 23 septembre, ce qui confère une forte portée politique à cette affaire.
Face aux accusations, le PAM a dénoncé ce qu’il qualifie de campagne visant à nuire à son image et affirme soutenir les investigations judiciaires afin que toute la lumière soit faite sur les événements survenus à Tanger.
Parallèlement à l’enquête judiciaire, le ministère marocain de l’Intérieur a annoncé l’envoi d’une commission centrale d’inspection chargée d’examiner les irrégularités signalées dans plusieurs bureaux de vote de la circonscription de Tanger-Assilah.
Une enquête toujours en cours
À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée et les investigations se poursuivent sous l’autorité du parquet compétent. Les auditions en cours devront permettre de déterminer l’origine des documents électoraux contestés, les circonstances de leur circulation ainsi que les éventuelles responsabilités pénales ou administratives.
Cette affaire, largement relayée par la presse marocaine, pourrait avoir des répercussions importantes sur la vie politique locale alors que les autorités cherchent à garantir la transparence et la crédibilité du processus électoral.
Par la rédaction de DUNIA NEW’S















