
Plus de deux semaines après l’enlèvement de dizaines d’élèves et d’enseignants, la colère monte dans le sud-ouest du Nigeria. Les syndicats dénoncent l’incapacité des autorités à garantir la sécurité dans les établissements scolaires.
L’inquiétude continue de grandir au Nigeria après l’enlèvement de plusieurs dizaines d’élèves et d’enseignants dans l’État d’Oyo. Face à l’absence de nouvelles concrètes sur leur libération, le Syndicat nigérian des enseignants (NUT) a déclenché, depuis le 1er juin, une grève générale illimitée qui paralyse les écoles publiques de cet État du sud-ouest du pays.
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Selon les informations relayées par plusieurs médias nigérians, 39 élèves et 7 enseignants avaient été enlevés le 15 mai dernier lors d’attaques menées contre plusieurs établissements scolaires situés dans la zone d’Oriire, près d’Ogbomoso. Les assaillants ont pris pour cible une école secondaire ainsi que deux écoles primaires.
D’après les premiers éléments de l’enquête, des hommes armés ont fait irruption dans les établissements avant d’emporter élèves et enseignants vers une destination inconnue. Plusieurs victimes étaient âgées de seulement deux à seize ans, ce qui a provoqué une vive émotion dans tout le pays.
La situation s’est encore aggravée lorsque des informations faisant état de la mort de certains membres du personnel enseignant ont commencé à circuler dans les médias locaux. Plusieurs sources évoquent notamment l’assassinat d’au moins un enseignant pendant sa captivité.
Face à ce qu’ils qualifient d’échec des autorités à assurer la sécurité dans les écoles, les responsables du Syndicat nigérian des enseignants ont ordonné la fermeture des écoles publiques de l’État d’Oyo jusqu’à la libération des otages.
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Dans un communiqué, le syndicat explique que la poursuite des cours dans un climat de peur généralisée n’est plus envisageable.
Les dirigeants du NUT affirment que de nombreux enseignants craignent désormais pour leur vie, tandis que plusieurs parents hésitent à envoyer leurs enfants à l’école en raison de la dégradation de la situation sécuritaire.
Certaines sources sécuritaires attribuent cette opération à des groupes armés liés à l’insurrection djihadiste qui frappe le Nigeria depuis plus de quinze ans. Toutefois, les autorités n’ont pas encore officiellement confirmé l’identité des ravisseurs.
Le Nigeria reste confronté à une multiplication des enlèvements de masse visant les écoles, un phénomène qui a profondément marqué le pays depuis l’enlèvement des lycéennes de Chibok par Boko Haram en 2014.
Selon plusieurs organisations internationales, des milliers d’élèves et d’enseignants ont été kidnappés au Nigeria au cours de la dernière décennie, les ravisseurs réclamant souvent d’importantes rançons en échange de leur libération.
Cette nouvelle crise place le gouvernement du président Bola Ahmed Tinubu sous une pression croissante.
Alors que les opérations de recherche se poursuivent, les syndicats d’enseignants exigent des résultats rapides et dénoncent la vulnérabilité persistante des établissements scolaires situés dans certaines zones rurales du pays.
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Pour de nombreux observateurs, cette affaire illustre une nouvelle fois les difficultés rencontrées par les autorités nigérianes dans leur lutte contre les groupes armés et les réseaux criminels qui continuent de faire de l’enlèvement une activité particulièrement lucrative.
En attendant la libération des otages, des milliers d’élèves restent privés de cours dans l’État d’Oyo, où la peur a désormais remplacé les activités scolaires quotidiennes.
Rédaction DUNIA NEW’S.















