ONU : l’AES justifie son retrait de la CPI et dénonce une justice internationale « sélective »

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ONU : l’AES justifie son retrait de la CPI et dénonce une justice internationale « sélective »

Les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont de nouveau défendu leur décision de quitter la Cour pénale internationale (CPI), à l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Devant les représentants des États membres, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a dénoncé ce qu’il considère comme des dérives dans le fonctionnement de la juridiction internationale.

Prenant la parole au nom du Burkina Faso et dans un contexte marqué par le rapprochement politique entre Ouagadougou, Bamako et Niamey, le chef de la diplomatie burkinabè a affirmé que les États de l’AES restaient favorables à la lutte contre l’impunité, tout en rejetant ce qu’ils perçoivent comme une utilisation politique de certains mécanismes judiciaires internationaux.

«« Nous acceptons les examens impartiaux, mais rejetons les procédures politiques et l’instrumentalisation de la justice », a-t-il déclaré devant l’Assemblée générale de l’ONU.»

L’AES critique la CPI

Selon le ministre burkinabè, la décision de retrait repose sur plusieurs griefs formulés depuis des années par certains pays africains à l’égard de la CPI. Les autorités de l’AES estiment notamment que la Cour souffrirait d’un manque d’équilibre dans le traitement de certaines situations internationales et dénoncent une forme de sélectivité dans l’ouverture et le suivi des procédures.

Pour les dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger, cette perception alimente un sentiment de méfiance vis-à-vis d’une institution censée garantir une justice universelle.

« C’est en raison des graves lacunes de la CPI, de cette sélectivité persistante et de cette politisation manifeste que les États de l’AES ont pris la décision souveraine de se retirer de la Cour pénale internationale », a indiqué le ministre.

Une décision déjà notifiée

Les trois pays sahéliens affirment avoir officiellement notifié leur retrait du Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI adopté en 1998 et entré en vigueur en 2002. Le Statut de Rome constitue la base juridique permettant à la Cour de poursuivre les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et du crime d’agression.

La CPI, dont le siège se trouve à La Haye aux Pays-Bas, compte plus d’une centaine d’États parties et fonctionne selon le principe de complémentarité, n’intervenant en principe que lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne veulent pas poursuivre les auteurs présumés de crimes internationaux.

Un débat ancien en Afrique

Les critiques adressées à la CPI ne sont pas nouvelles. Depuis plusieurs années, des responsables politiques africains accusent la Cour d’avoir concentré une grande partie de ses enquêtes sur le continent africain, tandis que d’autres situations internationales seraient, selon eux, moins poursuivies ou traitées différemment.

À l’inverse, les défenseurs de la juridiction internationale rappellent que plusieurs procédures concernant des pays africains ont été ouvertes à la demande des États eux-mêmes ou à la suite de décisions du Conseil de sécurité des Nations unies. Ils soulignent également que la CPI a progressivement élargi le champ géographique de ses enquêtes à d’autres régions du monde.

Une nouvelle étape dans l’affirmation de la souveraineté de l’AES

Cette prise de position s’inscrit dans la stratégie plus large menée par les trois États de l’Alliance des États du Sahel, qui revendiquent une plus grande autonomie dans la gestion de leurs affaires sécuritaires, politiques et judiciaires.

Depuis la création de l’AES, le Burkina Faso, le Mali et le Niger multiplient les initiatives visant à renforcer leur coopération régionale et à réévaluer leurs relations avec plusieurs institutions internationales.

Le retrait de la CPI apparaît ainsi, pour les autorités de ces pays, comme un acte de souveraineté. Pour leurs partenaires et certains défenseurs des droits humains, cette décision soulève en revanche des interrogations sur les mécanismes de lutte contre l’impunité et la protection des victimes de crimes internationaux.

Rédaction DUNIA NEW’S

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