Ouganda : L’arrestation de l’opposant Erias Lukwago provoque une onde de choc après les déclarations du chef de l’armée

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Ouganda : L’arrestation de l’opposant Erias Lukwago provoque une onde de choc après les déclarations du chef de l’armée

Kampala – Une nouvelle controverse secoue la scène politique ougandaise. Erias Lukwago, avocat, opposant politique et ancien maire de Kampala, a été arrêté à son domicile par des hommes armés, dans une opération qui suscite de vives inquiétudes au sein de l’opposition et des organisations de défense des droits humains.

L’affaire a pris une dimension particulière après les publications du chef des forces armées ougandaises, le général Muhoozi Kainerugaba, qui a revendiqué l’arrestation sur les réseaux sociaux en employant des propos particulièrement virulents à l’encontre de l’opposant.

Une arrestation menée à domicile

Selon plusieurs médias ougandais, dont le Daily Monitor et NTV Uganda, des hommes armés en uniforme militaire ont fait irruption lundi au domicile d’Erias Lukwago, situé dans le quartier de Wakaliga à Kampala, avant de l’emmener vers une destination inconnue. Des proches de l’opposant affirment que les agents de sécurité n’ont fourni aucune explication sur les motifs de l’opération.

Son épouse a déclaré à la presse locale que des soldats avaient pénétré dans leur résidence avant de l’extraire de force de son domicile. Plusieurs responsables de son parti politique ont qualifié l’opération « d’enlèvement » et exigé sa libération immédiate.

Muhoozi Kainerugaba revendique l’opération

Peu après l’arrestation, le général Muhoozi Kainerugaba, commandant des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) et fils du président Yoweri Museveni, a publié plusieurs messages sur le réseau social X.

Selon l’Associated Press et Reuters, il a affirmé avoir « capturé » Erias Lukwago et a diffusé une photographie montrant un homme présenté comme l’opposant. Dans d’autres publications, il a menacé de lui infliger davantage de souffrances, déclarant être fier de la douleur qu’il comptait lui faire subir.

Ces déclarations ont rapidement provoqué l’indignation de nombreux acteurs politiques et juridiques du pays.

Un conflit judiciaire en toile de fond

L’arrestation intervient dans un contexte particulièrement tendu entre Erias Lukwago et le chef de l’armée.

Selon Reuters, l’avocat représentait notamment l’opposant historique Kizza Besigye, poursuivi pour trahison par les autorités ougandaises. Il avait également engagé des procédures judiciaires contre le général Kainerugaba à la suite de menaces publiées sur les réseaux sociaux.

D’après plusieurs responsables de l’opposition, Lukwago s’apprêtait justement à faire signifier des documents judiciaires au chef de l’armée lorsqu’il a été interpellé.

Les organisations juridiques dénoncent une atteinte à l’État de droit

La Société du Barreau ougandais (Uganda Law Society) a condamné l’arrestation et demandé la libération immédiate de l’avocat. Dans un communiqué relayé par la presse locale, l’organisation a estimé que cette opération constituait une grave atteinte aux principes de justice et à l’indépendance de la profession d’avocat.

Plusieurs défenseurs des droits humains s’inquiètent également de la multiplication des arrestations ciblant des figures de l’opposition à l’approche des prochaines échéances politiques.

Le rôle grandissant du fils du président Museveni

Âgé de plus de 80 ans, le président Yoweri Museveni dirige l’Ouganda depuis 1986. Son fils, le général Muhoozi Kainerugaba, est considéré par de nombreux observateurs comme l’une des personnalités les plus influentes du régime.

Ces dernières années, ses déclarations controversées sur les réseaux sociaux ont régulièrement alimenté les débats sur une possible succession politique au sommet de l’État. Plusieurs organisations de défense des droits humains accusent par ailleurs les autorités ougandaises d’intensifier la pression sur les opposants politiques.

Une affaire qui ravive les inquiétudes

À l’heure où ces lignes sont écrites, les autorités ougandaises n’ont pas officiellement communiqué sur le lieu exact de détention d’Erias Lukwago ni sur les charges susceptibles d’être retenues contre lui.

Cette affaire intervient alors que l’opposition dénonce depuis plusieurs mois un climat de répression croissante. Pour de nombreux observateurs, les circonstances de cette arrestation et les déclarations publiques du chef de l’armée soulèvent de sérieuses questions sur le respect des libertés publiques et de l’État de droit en Ouganda.

L’évolution de ce dossier est désormais suivie de près par les organisations de défense des droits humains, les acteurs politiques locaux et plusieurs partenaires internationaux du pays.

Rédaction DUNIA NEW’S.

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