Polygamie au Sénégal : Kaffrine et Kédougou dominent, Dakar et Ziguinchor à la traîne

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Polygamie au Sénégal : Kaffrine et Kédougou dominent, Dakar et Ziguinchor à la traîne

Les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) issues de son enquête démographique et de santé révèlent que la polygamie demeure un phénomène significatif au Sénégal, avec de fortes disparités régionales et générationnelles. Ainsi, les régions de Kaffrine et Kédougou enregistrent les taux les plus élevés de femmes ayant une coépouse, tandis que les régions de Dakar et Ziguinchor affichent les proportions les plus faibles.

Selon l’EDS‑MICS 2010‑11, « la proportion de femmes mariées ayant au moins une coépouse varie selon la région : par exemple 48 % à Kédougou, 44 % à Kaffrine, contre 25 % à Dakar et 28 % à Ziguinchor ». De plus, l’étude indique que ce taux « augmente significativement avec l’âge » et qu’il atteint 50 % chez les femmes âgées de 45 à 49 ans.

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Ces résultats s’inscrivent dans un contexte plus large selon lequel le Sénégal figure parmi les pays d’Afrique de l’Ouest où la polygynie est la plus répandue : « le Sénégal a l’un des taux les plus élevés de polygynie en Afrique de l’Ouest (…) environ 48 % des femmes de 15‑49 ans étaient en union polygynique en 1997 » (Lardoux & Van de Walle, 2003).

Les facteurs associés à cette situation sont multiples. L’absence de scolarisation et le milieu rural apparaissent fortement corrélés à la polygamie : « le taux est de 51 % parmi les femmes sans aucune éducation contre 29 % pour celles ayant un niveau secondaire ou plus » (Westoff, cité par Lardoux & Van de Walle).

D’un point de vue qualitatif, certaines enquêtes rapportent que « la polygamie est vue comme un marqueur de masculinité dans certaines régions, l’homme à plusieurs épouses étant perçu comme « góor dëgg » (‘vrai homme’) » (Africa is a Country, 2024).

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En résumé, l’actualité des données de l’ANSD montre que la polygamie reste une pratique répandue au Sénégal, particulièrement dans certaines régions et parmi des cohortes plus âgées, tandis que l’évolution urbaine, le niveau d’éducation et le changement générationnel semblent progressivement freiner son essor.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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