
Il y a des écrivains qui commencent par vouloir raconter le monde. D’autres commencent simplement par vouloir se faire entendre. Pour Tossoukpe Frédéric Herman, l’écriture est née de cette deuxième nécessité.
Bien avant les romans et les publications, il y avait un enfant qui avait des choses à dire, mais qui ne trouvait pas toujours le courage ou l’espace nécessaire pour les exprimer à voix haute.
Aujourd’hui écrivain, Tossoukpe Frédéric Herman porte encore cette histoire dans sa plume.
Une enfance où la parole n’était pas toujours libre
Il grandit dans un environnement familial où la parole des adultes occupe une place centrale. Leur opinion est souvent considérée comme la référence, parfois même comme la vérité qu’il faut accepter.
Pour le jeune Frédéric Herman, prendre la parole en public et exprimer ouvertement ses pensées devient alors difficile.
Mais plutôt que de rester prisonnier de ce silence, il va trouver une autre manière de s’exprimer.
Le papier devient son espace de liberté.
Il commence à écrire des lettres. Des lettres dans lesquelles il peut enfin dire ce qu’il pense, ce qu’il ressent, ce qui le révolte ou encore ce qu’il n’arrive pas à prononcer face à quelqu’un.
Ses mots sont parfois directs, parfois difficiles à recevoir.
Mais ils sont surtout sincères.
À travers l’écriture, le jeune homme découvre progressivement une forme de liberté qu’il ne trouvait pas toujours dans la parole.
Quand les lettres deviennent des histoires
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Avec le temps, les lettres ne suffisent plus.
Les pensées deviennent des personnages. Les émotions deviennent des situations. Les frustrations deviennent des intrigues.
Et les histoires commencent à naître.
En 2002, alors qu’il est encore très jeune, Tossoukpe Frédéric Herman écrit son premier roman : Coup bas fraternel.
Mais l’histoire de ce manuscrit sera presque aussi longue que celle de son auteur.
Pendant vingt-deux ans, le roman restera dans l’attente.
Vingt-deux années entre l’écriture et la publication.
Finalement, en 2024, le manuscrit connaît une nouvelle vie avec sa publication aux Éditions Gaskou.
Une consécration tardive, mais particulièrement symbolique.
2007 : un deuxième roman
L’aventure ne s’arrête pas là.
En 2007, il écrit Comme un roc.
Une nouvelle œuvre qui connaîtra elle aussi la publication en 2024, cette fois à travers l’autoédition.
Deux romans, deux parcours éditoriaux différents, mais une même histoire : celle d’un auteur qui aura continué à croire en ses textes malgré les années d’attente.
Écrire pour transformer le vécu
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Chez Tossoukpe Frédéric Herman, l’écriture semble être intimement liée à l’expérience humaine.
Il écrit à partir de ce qu’il observe, de ce qu’il ressent, de ce qu’il traverse et de ce qu’il questionne.
Pour lui, une histoire peut devenir un moyen de transformer une blessure en réflexion, une expérience en récit et une frustration en message.
Écrire, ce n’est donc pas simplement remplir des pages. C’est donner une forme à ce qui existe à l’intérieur de soi.
Et surtout, c’est créer un pont avec ceux qui liront.
Une vocation qui a résisté au temps
Le parcours de Tossoukpe Frédéric Herman rappelle une réalité parfois oubliée dans le monde littéraire : la naissance d’un écrivain ne coïncide pas nécessairement avec la publication de son premier livre.
Un auteur peut écrire longtemps avant d’être publié.
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Un manuscrit peut dormir pendant des années avant de trouver son éditeur.
Et une passion peut traverser les décennies sans disparaître.
Dans son cas, Coup bas fraternel aura attendu vingt-deux ans avant de rencontrer les lecteurs.
Cette longue attente n’a pourtant pas mis fin à son désir d’écrire.
Au contraire.
Elle semble avoir renforcé une conviction : les histoires qui méritent d’être racontées finissent toujours par chercher leur chemin vers le public.
De l’enfant qui écrivait en silence à l’auteur qui parle au monde
Son parcours peut finalement se résumer en une étonnante transformation.
Un enfant qui avait du mal à prendre la parole.
Un adolescent qui découvre dans les lettres un moyen de s’exprimer.
Un jeune auteur qui écrit son premier roman en 2002.
Un manuscrit qui attend vingt-deux ans avant d’être publié.
Puis un écrivain qui continue à écrire et à construire son univers littéraire.
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L’écriture aura donc changé de fonction au fil du temps.
Elle était d’abord un refuge. Elle est devenue une voix. Puis une vocation.
Et aujourd’hui, cette voix ne s’adresse plus seulement à quelques destinataires de lettres.
Elle s’adresse aux lecteurs.
À travers ses romans, Tossoukpe Frédéric Herman poursuit ainsi un chemin commencé dans le silence.
Un chemin dont la destination semble désormais claire :
faire de la plume une voix capable de parler au monde.
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