Réforme foncière au Togo : La société civile mise sur les solutions pour sécuriser les terres rurales

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Réforme foncière au Togo : La société civile mise sur les solutions pour sécuriser les terres rurales

Lomé– Et si la réforme foncière au Togo devenait davantage qu’une évolution des textes et des procédures ? C’est le pari porté par la Coalition Foncière Nationale (CFN Togo), qui veut placer les réalités des communautés rurales au cœur des décisions. Réunie au Centre administratif des services économiques et financiers (CASEF) de Lomé, la Coalition a travaillé à l’harmonisation de ses propositions en vue d’alimenter la Déclaration de Politique Foncière (DPF) 2026-2041 et le manuel de procédures relatif à la délivrance du livret foncier en milieu rural. L’enjeu est de taille. Dans de nombreuses zones rurales, la terre reste à la fois un moyen de subsistance, un patrimoine familial et un facteur essentiel de développement. Pourtant, l’insécurité foncière, les conflits autour des terres, la faible couverture en titres fonciers et la coexistence entre règles coutumières et droit moderne continuent de compliquer la sécurisation des droits.


Des problèmes connus, des solutions à mieux ancrer dans les territoires

Pour la CFN Togo, la réussite de la réforme dépendra notamment de sa capacité à tenir compte des réalités vécues sur le terrain. C’est dans cette perspective que 23 participants, issus des ministères, des organisations paysannes, de la société civile, des partenaires techniques et financiers et des médias, ont confronté leurs analyses et leurs propositions.

L’objectif n’était donc pas seulement de constater les difficultés, mais de rechercher des recommandations concrètes et partagées, susceptibles d’améliorer la gouvernance foncière et de répondre aux préoccupations des populations rurales.

Les discussions ont notamment permis de renforcer la compréhension des orientations de la future Déclaration de Politique Foncière ainsi que des mécanismes envisagés pour la délivrance du livret foncier en milieu rural. Cette approche participative constitue l’un des leviers identifiés pour rapprocher la réforme des réalités locales.

La sécurisation des droits fonciers passe aussi par la capacité des populations à accéder à des documents reconnus et à comprendre les procédures qui les concernent.

Dans ce contexte, le manuel de procédures de délivrance du livret foncier en milieu rural apparaît comme un outil important. Pour les acteurs réunis à Lomé, son efficacité dépendra toutefois de son accessibilité, de sa compréhension par les populations et de son adaptation aux réalités des territoires ruraux. L’enjeu est donc de faire en sorte que les dispositifs prévus par la réforme ne restent pas uniquement des mécanismes administratifs, mais deviennent de véritables instruments de sécurisation pour les agriculteurs, les familles rurales et les communautés.

Autres acquis de la rencontre : Les participants ne se sont pas arrêtés à la rédaction des recommandations. Ils ont également réfléchi à leur stratégie de diffusion et de plaidoyer auprès des décideurs. Cette étape est déterminante. Une proposition pertinente ne produit d’impact que si elle parvient jusqu’aux espaces où les décisions sont prises.

La CFN Togo entend ainsi transformer la note de plaidoyer issue des travaux en un outil de dialogue avec les autorités compétentes, afin de favoriser une meilleure prise en compte des réalités rurales dans les orientations de la politique foncière nationale.

À travers cette démarche, la société civile veut contribuer à faire de la réforme foncière un levier de développement plutôt qu’une simple réforme administrative.

Une meilleure sécurisation des terres peut contribuer à prévenir les conflits, rassurer les exploitants, protéger les droits des communautés et favoriser des investissements agricoles durables. Elle peut également renforcer la confiance entre les populations, les autorités et les différents acteurs intervenant dans la gestion du foncier. Le défi est désormais de maintenir le dialogue entre les décideurs et les acteurs de terrain afin que les propositions formulées puissent trouver une traduction concrète dans les politiques et les pratiques.

Car une réforme foncière réussie ne se mesure pas seulement au nombre de textes adoptés, mais à sa capacité à sécuriser effectivement la terre de ceux qui en dépendent pour vivre. Au Togo, la prochaine étape sera donc de transformer les recommandations en mécanismes accessibles, applicables et adaptés aux territoires. C’est à cette condition que la politique foncière pourra devenir un véritable outil de paix sociale, de justice et de développement rural durable.

Par Jean-Marc Ashraf pour Dunia-news

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