
Lomé, 10 août 2026 – Le compte à rebours est lancé. À quelques mois de la 31ᵉ Conférence des Parties sur le climat (COP31), prévue du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie, le Togo entend arriver à ce grand rendez-vous climatique avec des priorités clairement définies et, surtout, des projets capables de mobiliser des financements.
Pour le pays, l’enjeu ne consiste plus simplement à participer aux grandes négociations internationales sur le climat. Il s’agit désormais de faire passer les engagements à l’étape de la mise en œuvre, en obtenant les ressources nécessaires pour concrétiser les actions prioritaires.
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Les effets du changement climatique imposent au Togo de renforcer ses capacités d’adaptation et de résilience. Reboisement, protection du littoral, adaptation des communautés vulnérables ou encore mise en œuvre des Contributions déterminées au niveau national (CDN) figurent parmi les principaux défis auxquels le pays doit répondre.
Le gouvernement affiche notamment l’ambition de planter un milliard d’arbres d’ici 2030, tout en recherchant davantage de moyens pour accélérer la transition écologique. La lutte contre l’érosion côtière constitue également une priorité majeure.
Après la COP30 organisée à Belém, au Brésil, en novembre 2025, les autorités togolaises ont choisi de renforcer leur préparation en misant davantage sur des projets susceptibles d’attirer les mécanismes de financement climatique.
Une soixantaine d’acteurs issus notamment des ministères, des collectivités territoriales, des organisations non gouvernementales et d’autres secteurs ont ainsi été mobilisés autour de cette réflexion. L’objectif est de mieux aligner les priorités nationales avec les exigences des grands fonds climatiques.
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Cette démarche doit notamment permettre au Togo de mieux exploiter les opportunités offertes par le Fonds vert pour le climat, le Fonds d’adaptation et le Fonds pour l’environnement mondial.
L’enjeu est de taille. Une stratégie présentée après la COP30 estimait entre 354 et 544 millions de dollars le potentiel de financements mobilisables sur les cinq prochaines années, auxquels pourraient s’ajouter des acquis en matière de renforcement institutionnel, de partenariats, de transfert de connaissances et d’innovations technologiques.
La préparation de la COP31 passe également par le renforcement des partenariats internationaux. Le Togo avait déjà échangé avec des partenaires clés, notamment autour de la mobilisation des financements verts, de la recherche agricole, du développement urbain et des solutions numériques.
Pour les autorités, les conclusions de la COP30 doivent désormais être traduites en actions concrètes sur le terrain. Cette orientation traduit une volonté de faire de la diplomatie climatique un véritable levier de développement.
Le pays souhaite également voir davantage prises en compte les réalités et les priorités africaines dans les négociations internationales. Lors des échanges préparatoires avec la partie australienne, les besoins du Togo en matière de reboisement, de lutte contre l’érosion côtière et d’accès aux financements climatiques avaient notamment été mis en avant.
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À Antalya, le Togo ne devrait donc pas seulement venir présenter ses engagements. Il devra surtout défendre des projets concrets, crédibles et finançables, capables de répondre aux urgences climatiques nationales tout en contribuant aux objectifs mondiaux de l’Accord de Paris.
La COP31 apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans la stratégie climatique du pays : passer de la promesse à l’action, de l’engagement au financement et du financement aux résultats visibles dans les communautés.
Car derrière les négociations internationales se joue une réalité bien plus concrète : celle des populations qui font déjà face aux effets du changement climatique. Pour le Togo, le véritable succès d’Antalya se mesurera donc moins au nombre de déclarations qu’à la capacité de transformer les engagements climatiques en solutions durables sur le terrain.
Par Jean-Marc Ashraf pour Dunia-news















